Article Un maire demande à H&M d’interdire le voile à ses employées musulmanes : découvrez la réponse de la marque

Un maire demande à H&M d’interdire le voile à ses employées musulmanes : découvrez la réponse de la marque

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Il semblerait que l’état d’urgence imposé depuis les attentats de Paris en 2015 ait donné l’occasion à nombre d’islamophobes d’en abuser en toute quiétude.*

Le maire de Mandelieu-La-Napoule a décidé d’élargir ses prérogatives politiciennes en imposant une condition supplémentaire au règlement d’ordre intérieur des entreprises privées. Voyant que la chaîne de prêt-à-porter H&M n’exigeait pas de ses employées de confession musulmane de retirer leur voile pour venir travailler, Henri Leroy s’est chargé d’en faire la demande auprès de la direction d’H&M.
Probablement boosté par toutes ces nouvelles mesures élaborées à la va-vite et destinées à resserrer l’étau sur la communauté musulmane, le maire Les Républicains se sentirait-il investi d’une mission de « laïcisation » des entreprises de la ville ?
Mais Henri Leroy aurait mieux fait de se pencher sur les textes de loi de 1905 avant de se lancer dans sa campagne anti-voile. Surtout que la chaîne suédoise n’a pas accédé à sa demande et l’a renvoyé gentiment à ses affaires courantes.

Le maire aurait agi après avoir reçu des plaintes de clients exaspérés de voir des femmes voilées derrière les caisses de l’enseigne. Henri Leroy « soucieux » du bien-être de ses administrés a rédigé une lettre aux gérants du magasin de sa commune où il indique avoir reçu de «  nombreuses plaintes d’administrés et de clients, gênés par la tenue vestimentaire à caractère religieux de vos salariées  ».
Il a estimé qu’il était du devoir des gérants «  d’agir pour qu’à Mandelieu-La Napoule, le port de signes religieux soit proscrit  ».
Après de minutieuses recherches, le maire de la commune a déniché un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui a estimé en mars dernier «  que le règlement interne d’une entreprise pouvait, sous certaines conditions, prévoir l’interdiction du port visible de signes religieux ou politiques, comme le foulard islamique  ». CQFD, Henri Leroy s’est dit qu’il pouvait interdire tous les signes ostentatoires religieux de sa commune.

Mais l’enseigne n’entend pas se faire dicter sa loi par le maire ou qui que ce soit, un porte-parole de la marque a d’ailleurs indiqué : «  Notre règlement intérieur permet à chacun de nos collaborateurs de s’habiller comme il le souhaite dans les limites fixées par la loi. Notre règlement intérieur n’interdit rien que la loi n’interdise elle-même  ».

Car comme le prévoit un arrêté de la CJUE (Cour de justice de l’Union Européenne) : «  La volonté d’un employeur de tenir compte des souhaits d’un client de ne plus voir les services dudit employeur assurés par une travailleuse portant un foulard islamique ne saurait être considérée comme une exigence professionnelle essentielle et déterminante . »
Le maire de Mandelieu-la-Napoule devra encore plancher sur la jurisprudence pour trouver le moyen de pourrir un peu plus la vie des musulmans de sa ville.

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Auteur : Zoubida S.

Posté le : 17 juin 2017

Catégorie : Politique

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