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La préfecture du Rhône envoie un courrier pour « mieux faire connaître l’Islam dans la société »

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La préfecture du Rhône a envoyé, en vue de prochaines assises territoriales, un courrier visant à « mieux faire connaître l’islam dans la société ».

Dans un courrier à en-tête du préfet du Rhône, le sous-préfet demande à la présidente de l’université Lyon-II et à d’autres institutions d’inviter les professeurs et les élèves à prendre part aux assises territoriales de l’islam de France, qui se tiendront le 17 décembre à la préfecture.

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, parle d’une« lettre inadmissible » et demande au ministre de l’Intérieur de « s’expliquer rapidement sur ce cas ».

L’an dernier, l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait demandé,
à chaque département d’organiser ces assises territoriales de l’islam de France.

Dans sa lettre, le sous-préfet écrit :

Elles constitueront l’occasion de réfléchir à la consolidation de la représentativité d’une structure départementale déjà en gestation, afin d’être en mesure d’avancer sur les multiples enjeux auxquels l’islam est confronté dans le département.

Pour lui cette action sert à

Mieux faire connaître l’islam dans la société civile, notamment via les média ; mieux lutter contre la radicalisation ; travailler sur la formation et le statut des imams ; permettre une meilleure implication d’une structure de représentation départementale ancrée dans les valeurs de la République.

Il précise que

Ces échanges ne seront fructueux que s’ils permettent aux représentants des imams et des gestionnaires d’association cultuelle de dialoguer avec des élus, des représentants d’autres cultes, des acteurs professionnels ou associatifs de la société civile.

Les critiques ne se sont pas faites attendre. Comme celle du sénateur de Vendée :

L’État a-t-il la prétention de devenir l’attaché de presse d’un culte ?

Même son de cloche pour l’association Esprit Laïque :

Comment l’État peut-il organiser à ce point l’abattage du principe de séparation, de neutralité, et de non-reconnaissance des cultes par les instances régaliennes ?

Pour Laurence Taillade, présidente du Parti républicain solidariste (PRS)

On a franchi une étape supplémentaire dans les infractions à la laïcité. Voilà l’État qui organise la promotion du culte musulman, et un concordat qui ne dit pas son nom avec l’islam !

Sur Twitter, la militante laïque Zineb El Rhazoui renchérie :

Les médias sont indépendants. La société civile n’est pas le clergé. La préfecture n’est pas une mosquée.

Pourtant, à la préfecture, la réponse est simple :

Il ne s’agit absolument pas de faire la promotion d’une religion, mais de permettre un espace de dialogue entre les cultes et les autorités au niveau départemental – qui n’existe pas actuellement – pour traiter de tout un tas de problématiques comme la lutte contre le communautarisme et la radicalisation.

Bruno Retailleau ressort toujours la même litanie,

C’est sans doute la faute d’une préfecture, mais pas seulement. En refusant de faire évoluer la loi sur les signes religieux dans les sorties scolaires ou sur la présence de listes communautaires aux élections, le gouvernement sème le doute sur la réalité de son engagement à lutter contre les menaces que fait peser sur la République l’islam politique,

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Auteur : Samir Salhoume

Publié le : 02/12/2019 à 18:30

Catégorie : Communauté

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