Dix-neuf pays ont publié une déclaration conjointe pour dénoncer les initiatives de la part d’Israël en Cisjordanie occupée. Parmi eux figurent la Turquie, le Qatar, la France et le Brésil. Le texte qualifie ces mesures d’« annexion de facto ».

Les signataires visent notamment le plan israélien d’enregistrement foncier dans la zone C. Cette zone représente environ 60 % du territoire de la Cisjordanie. Selon l’organisation Peace Now, ce dispositif pourrait permettre la saisie de terres lorsque des Palestiniens ne peuvent prouver leur propriété.

Une menace pour la solution à deux États

Les ministres estiment que ces changements reclassent des terres palestiniennes en « terres d’État » israéliennes. Ils affirment que cela accélère l’expansion des colonies. Selon eux, ces mesures modifient le statut juridique d’un territoire destiné à former un futur État palestinien.

La déclaration parle d’une « attaque directe et délibérée » contre la viabilité de la solution à deux États. Elle rejette toute modification de la composition démographique ou du statut des territoires occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est.

L’Arabie saoudite et l’Égypte figurent aussi parmi les signataires. Les dirigeants de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique ont également apposé leur signature.

Colonisation et droit international

Les États rappellent que les colonies israéliennes constituent, selon eux, une violation du droit international. Ils citent les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de justice.

Dans cet avis, la CIJ a jugé illégale la présence israélienne dans les territoires occupés. Environ 465 000 colons vivent actuellement en Cisjordanie. Ils sont répartis dans près de 300 colonies et avant-postes.

Les signataires appellent aussi Israël à mettre fin aux violences de colons contre des Palestiniens. Ils promettent de prendre des mesures conformes au droit international pour contrer l’expansion des implantations et les risques de déplacement forcé.

Avertissements de l’ONU

Plus tôt ce mois-ci, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre ce plan foncier. Il estime qu’il pourrait entraîner la dépossession de Palestiniens et renforcer le contrôle israélien sur la zone.

La déclaration demande également à Israël de verser les recettes fiscales dues à l’Autorité palestinienne. Les signataires insistent enfin sur le respect du statu quo historique et juridique à Jérusalem, notamment pendant le mois de Ramadan.

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