
Israël : les partis arabes veulent écarter Netanyahu
Les représentants des partis arabes en Israël proposent une coopération avec l’opposition pour remplacer le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Le 28 octobre 2026, Ahmad Tibi, dirigeant de la Liste commune, a tendu la main au bloc de Gadi Eisenkot.
Cette initiative intervient après les élections législatives du 27 octobre. Les premières projections montrent qu’aucun des deux principaux blocs ne dispose seul des sièges nécessaires pour former une majorité.
Les partis arabes pourraient donc jouer un rôle important dans les négociations politiques. Toutefois, une alliance avec l’opposition reste incertaine.
Ahmad Tibi propose une coopération avec l’opposition
Ahmad Tibi dirige le groupe parlementaire de la Liste commune, une alliance de partis majoritairement arabes. Il a affirmé que son mouvement était prêt à contribuer au départ du gouvernement Netanyahu.
Dans une déclaration écrite, il a salué la forte participation des citoyens arabes au scrutin. Selon lui, cette mobilisation montre que la Liste commune constitue une force politique incontournable.
Il a également appelé à mettre fin au gouvernement associant Benjamin Netanyahu et Itamar Ben-Gvir. Sa proposition commence, selon ses déclarations, par le remplacement du président de la Knesset, Amir Ohana.
Cette main tendue vise à ouvrir des discussions avec les partis opposés au gouvernement actuel.
Gadi Eisenkot à la tête du bloc d’opposition
Le bloc dit du « changement » rassemble plusieurs formations politiques qui souhaitent remplacer Benjamin Netanyahu.
Il comprend notamment le parti Yashar de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne. On y retrouve également Yesh Atid, dirigé par Yaïr Lapid, les Démocrates de Yaïr Golan, Beyachad de Naftali Bennett et Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman.
Ces partis sont unis par leur volonté de former une alternative au gouvernement actuel. Cependant, ils ne partagent pas nécessairement la même position sur une coopération avec les formations arabes.
Cette divergence pourrait compliquer les négociations, même si un accord permettrait de modifier l’équilibre politique à la Knesset.
Les premiers résultats ne donnent aucune majorité claire
La Knesset compte 120 sièges. Pour former une majorité parlementaire, un bloc doit en obtenir au moins 61.
D’après les projections publiées alors que 84,5 % des suffrages avaient été comptabilisés, le bloc de Benjamin Netanyahu devait obtenir 54 sièges. Celui de Gadi Eisenkot en recueillerait 49.
Les partis majoritairement arabes pourraient, de leur côté, obtenir 17 sièges au total. La Liste commune en décrocherait 11, tandis que la Liste arabe unie, connue sous le nom de Ra’am, en obtiendrait six.
Ces estimations placent les formations arabes dans une position stratégique. Leur soutien pourrait permettre à l’opposition de dépasser le seuil des 61 sièges.
Il s’agit toutefois de projections provisoires. La composition définitive de la Knesset et les négociations politiques détermineront les possibilités de former un gouvernement.
Les partis arabes veulent peser sur les décisions
La mobilisation électorale répond aussi à des préoccupations concrètes au sein de la population arabe d’Israël.
Les représentants de ces communautés évoquent notamment la criminalité, les inégalités et les discriminations. Ils souhaitent que ces questions deviennent des priorités politiques.
La Liste commune entend donc utiliser son poids parlementaire pour obtenir des engagements de la part de l’opposition. Son soutien ne signifie pas nécessairement qu’elle acceptera de rejoindre une coalition gouvernementale.
Une coopération parlementaire peut en effet prendre plusieurs formes. Les députés arabes pourraient soutenir un gouvernement sans y participer directement.
Une alliance encore difficile à construire
Malgré les calculs parlementaires, la formation d’une alliance reste incertaine. Certains dirigeants de l’opposition ont exprimé leur réticence à dépendre des voix des partis arabes.
Naftali Bennett et Avigdor Lieberman souhaitent notamment limiter la participation au gouvernement aux formations qu’ils considèrent comme sionistes.
Gadi Eisenkot a également fixé des conditions à une éventuelle coopération. Il a notamment évoqué la reconnaissance d’Israël comme État juif et démocratique, ainsi que le respect des principes de sa déclaration d’indépendance.
Ces positions rendent les discussions plus complexes. L’opposition devra trouver un compromis si elle souhaite obtenir un soutien parlementaire suffisant.
Le précédent de la coalition de 2021
La politique israélienne a déjà connu une coopération entre un parti arabe et des formations juives opposées à Benjamin Netanyahu.
Après les élections de 2021, Ra’am avait rejoint une coalition dirigée par Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Cette participation avait marqué une étape importante dans la représentation politique arabe.
Le gouvernement avait toutefois été de courte durée. Cet épisode montre à la fois qu’une coopération est possible et qu’elle reste fragile.
Aujourd’hui, les conditions politiques sont différentes. Les partis arabes cherchent à obtenir des engagements concrets, tandis que plusieurs formations de l’opposition restent divisées sur la place qu’ils pourraient occuper.
Quel avenir pour le gouvernement Netanyahu ?
La proposition d’Ahmad Tibi ouvre une nouvelle phase de discussions après les élections. Le poids des partis arabes pourrait compter dans la recherche d’une majorité parlementaire.
Cependant, les projections électorales ne suffisent pas à garantir un changement de gouvernement. Les divergences entre les dirigeants de l’opposition constituent un obstacle important.
La suite dépendra donc des résultats définitifs et de la volonté des partis de négocier. Pour la Liste commune, l’objectif est désormais de transformer la mobilisation électorale des citoyens arabes en influence politique.
La possibilité de remplacer Benjamin Netanyahu reste ainsi liée à un équilibre délicat entre les sièges obtenus, les conditions posées par les partis et les alliances qu’ils accepteront de construire.
























