Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, assiste à une rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le président iranien Massoud Pezeshkian (tous deux non photographiés) au Grand Palais du Kremlin à Moscou, le 27 octobre 2026.

Iran : Ormuz pourrait rouvrir en deux jours

L’Iran affirme pouvoir rouvrir le détroit d’Ormuz en seulement deux jours, à condition que les États-Unis acceptent ses exigences. Téhéran a présenté cette nouvelle proposition dans le cadre des discussions diplomatiques menées avec Washington par l’intermédiaire du Qatar.

Cette annonce marque une évolution du calendrier proposé par les autorités iraniennes. Initialement fixé à sept jours, le processus pourrait désormais être ramené à 48 heures. Toutefois, aucun accord définitif n’a encore été conclu entre les deux pays.

Téhéran propose une réouverture en 48 heures

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a expliqué les grandes lignes de cette proposition lors d’un entretien accordé à Al Jazeera.

Selon lui, le plan prévoit deux étapes. Le premier jour, les États-Unis devraient mettre en œuvre une série de mesures répondant aux demandes iraniennes. Le lendemain, l’Iran procéderait à la réouverture du détroit d’Ormuz et au rétablissement de la navigation.

Cette formule reprend une proposition initiale d’une durée de sept jours. À la demande des médiateurs qataris, les discussions ont permis d’envisager un calendrier beaucoup plus court.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a également présenté cette possibilité comme un signe de la volonté de Téhéran de parvenir à une solution diplomatique.

Il a toutefois précisé que la mise en œuvre dépendait de l’acceptation des exigences iraniennes par Washington.

Les conditions posées par l’Iran aux États-Unis

La réouverture du détroit d’Ormuz ne serait donc pas une décision isolée. Elle s’inscrit dans une négociation plus large visant à mettre fin aux tensions entre les deux pays.

Parmi les principales demandes iraniennes figurent la levée du blocus naval américain visant les ports iraniens et l’assouplissement des sanctions économiques. Téhéran réclame également le déblocage de ses avoirs détenus à l’étranger.

L’Iran souhaite par ailleurs mettre fin aux hostilités sur l’ensemble des fronts régionaux. Les autorités demandent aussi une réduction de la présence militaire américaine au Moyen-Orient.

Un autre point concerne les conditions de navigation dans le détroit. Abbas Araghchi évoque notamment un nouvel itinéraire maritime convenu entre l’Iran et Oman.

Ces exigences restent au cœur des désaccords entre les deux capitales. Washington souhaite notamment que les discussions abordent le programme nucléaire iranien, tandis que Téhéran privilégie d’abord la levée du blocus et la réouverture de la voie maritime.

Le Qatar poursuit sa médiation

Le Qatar joue un rôle central dans les échanges entre Washington et Téhéran. Les deux pays ne négocient pas directement dans le cadre de ces dernières consultations. Les messages circulent principalement par l’intermédiaire de médiateurs.

Une délégation iranienne s’est rendue à Doha pour poursuivre les discussions. Après plusieurs jours de consultations, ses membres ont quitté la capitale qatarie dimanche 1er novembre.

Selon une source citée par Reuters, ce départ ne serait pas lié à un échec des négociations. Un projet de proposition destiné aux États-Unis circulait encore lundi, tandis qu’une nouvelle rencontre restait possible.

De son côté, Esmaeil Baqaei a confirmé que les échanges de messages se poursuivaient. Il a toutefois rappelé que la prochaine étape dépendait de la réponse américaine aux demandes iraniennes.

Malgré ces avancées, les deux parties n’ont annoncé aucun accord définitif.

Le détroit d’Ormuz, un enjeu majeur pour l’économie mondiale

La situation autour du détroit d’Ormuz dépasse largement les relations entre l’Iran et les États-Unis. Cette voie maritime constitue l’un des passages stratégiques les plus importants pour le commerce énergétique mondial.

Avant le conflit, environ un cinquième des échanges mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitait par cette zone. Toute perturbation prolongée peut donc affecter les approvisionnements et les marchés de l’énergie.

Les restrictions de navigation et le blocus des ports iraniens ont déjà accentué les tensions économiques. Les compagnies maritimes doivent également composer avec les risques liés aux opérations militaires dans la région.

Une réouverture rapide permettrait ainsi de réduire une partie de ces pressions. Elle pourrait aussi faciliter la reprise des échanges commerciaux et contribuer à une désescalade régionale.

Cependant, la proposition iranienne reste conditionnée à des concessions américaines. Tant que Washington et Téhéran ne parviennent pas à un compromis, le calendrier de 48 heures ne constitue pas une garantie de retour à la normale.

Washington face à une décision diplomatique

Les prochains échanges seront déterminants pour l’avenir des négociations. L’Iran affirme vouloir privilégier une solution diplomatique, tout en maintenant ses capacités militaires en état d’alerte.

De son côté, Donald Trump a décrit les discussions avec Téhéran comme productives, sans pour autant annoncer l’acceptation des conditions iraniennes. Les autorités américaines n’ont pas confirmé leur accord sur le plan de réouverture en deux jours.

Les deux pays restent donc face à plusieurs désaccords majeurs, notamment sur les sanctions, le blocus naval et le programme nucléaire iranien.

La proposition de Téhéran représente une nouvelle tentative pour accélérer les négociations. Mais la réouverture du détroit d’Ormuz dépendra avant tout de la capacité des deux parties à trouver un terrain d’entente.

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