
Israël : les partis arabes se mobilisent contre Netanyahu
Les partis arabes représentés à la Knesset ont tenu une première réunion de coordination depuis les élections législatives israéliennes. Leur objectif est clair : empêcher Benjamin Netanyahu de former un nouveau gouvernement et favoriser une alternative politique.
Cette rencontre s’est déroulée lundi 2 novembre, à quelques jours des consultations menées par le président Isaac Herzog. Les différentes formations souhaitent notamment coordonner leurs positions avant cette étape décisive.
Les partis arabes veulent peser dans les négociations
La réunion a rassemblé des représentants de la Liste commune et de la Liste arabe unie. Ahmad Tibi, responsable du bloc parlementaire de la Liste commune, a partagé une photographie de cette rencontre sur le réseau social X.
Il a présenté cette réunion comme un échange destiné à coordonner les efforts des deux formations.
Son objectif affiché est de mettre fin au gouvernement de Benjamin Netanyahu, mais aussi à l’influence de ministres d’extrême droite comme Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich.
Les représentants arabes souhaitent ainsi contribuer à la formation d’un gouvernement de changement. Ils entendent utiliser leur poids parlementaire pour empêcher le maintien de la coalition actuelle.
19 sièges qui pourraient changer la donne
Les résultats des élections du 27 octobre ont profondément divisé la Knesset, qui compte 120 députés.
Le bloc de Benjamin Netanyahu a obtenu 53 sièges, tandis que les partis d’opposition en ont remporté 48. De leur côté, les formations arabes disposent de 19 sièges.
Aucun camp ne possède donc les 61 sièges nécessaires pour obtenir une majorité absolue.
Cette situation donne aux partis arabes un rôle potentiellement déterminant. Si leurs 19 députés soutiennent le candidat de l’opposition, celui-ci pourrait recevoir l’appui de 67 parlementaires.
Ce soutien renforcerait notamment la position de Gadi Eisenkot, candidat pressenti par plusieurs formations de l’opposition pour diriger le prochain gouvernement.
Gadi Eisenkot au centre des discussions
Plusieurs partis ont déjà annoncé leur intention de recommander Gadi Eisenkot au président Isaac Herzog.
C’est notamment le cas du parti Ensemble, dirigé par Naftali Bennett, des Démocrates de Yair Golan et de Yisrael Beytenu, conduit par Avigdor Lieberman.
Les partis arabes pourraient également soutenir sa candidature lors des consultations présidentielles prévues à partir du mercredi 4 novembre.
Toutefois, ce rapprochement ne signifie pas qu’une coalition est déjà constituée. Plusieurs responsables de l’opposition refusent encore d’intégrer les partis arabes dans un gouvernement.
La Liste commune a, de son côté, indiqué qu’elle pourrait soutenir une administration dirigée par l’opposition sans nécessairement y participer directement.
Une bataille politique encore incertaine
Le président Isaac Herzog doit consulter les représentants des formations élues avant de désigner le responsable chargé de tenter de former le prochain gouvernement.
Le candidat désigné disposera initialement de 28 jours pour réunir une coalition. Une prolongation de 14 jours peut également être accordée.
Malgré les discussions en cours, l’issue reste incertaine. Benjamin Netanyahu entend toujours conserver le pouvoir, tandis que ses adversaires cherchent à réunir suffisamment de soutiens pour lui succéder.
Une chose est désormais claire : avec 19 députés, les partis arabes disposent d’un poids parlementaire qui pourrait jouer un rôle majeur dans les prochaines négociations politiques en Israël.























