
À l’approche des élections législatives du 12 février, au Bangladesh, le Jamaat-e-Islami s’impose comme un acteur central du paysage politique. Longtemps marginalisé, le parti islamiste retrouve une visibilité nouvelle dans un contexte de recomposition politique profonde.
Un vide politique favorable à un retour
Depuis la chute de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina en juillet 2024, l’équilibre politique du pays a été bouleversé. L’Awami League s’est retirée de la scène électorale. Le BNP demeure en lice, mais sans domination claire.
Dans cet espace laissé vacant, Jamaat-e-Islami a progressivement renforcé sa présence. Plusieurs sondages le placent désormais au coude-à-coude avec le BNP. Cette dynamique marque un tournant inédit pour un parti longtemps tenu à distance du pouvoir.
Shafiqur Rahman, figure centrale de la relance
À la tête du parti depuis 2019, Shafiqur Rahman incarne cette évolution. Ancien médecin et cadre historique du mouvement, il a dirigé Jamaat durant ses années d’interdiction. Son arrestation en 2022, puis son acquittement en 2025, ont renforcé sa notoriété.
Lors du lancement de son programme électoral à Dhaka, Rahman a présenté une vision économique ambitieuse. Il promet une croissance rapide, axée sur l’innovation agricole, l’industrialisation et l’investissement étranger. Des économistes restent prudents sur la faisabilité de ces objectifs.
Une stratégie d’élargissement assumée
Le parti cherche désormais à dépasser sa base traditionnelle. Il met en avant la lutte contre la corruption et la discipline administrative. Pour la première fois, Jamaat a investi un candidat hindou.
Parallèlement, le mouvement entretient des relations plus visibles avec des acteurs étrangers. Des diplomates occidentaux et indiens ont rencontré Rahman. Cette ouverture marque une rupture avec les années d’isolement diplomatique.
Malgré ce repositionnement, plusieurs sujets continuent de susciter des réserves. Le rôle historique du parti en 1971 reste peu détaillé. Les positions de Jamaat sur la place des femmes, notamment dans la direction politique, demeurent restrictives. Ces éléments alimentent un débat persistant sur la profondeur réelle de la transformation engagée.





























