Le président syrien Ahmed al-Sharaa

Le président syrien Ahmed al-Sharaa doit rencontrer ce lundi Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), afin de consolider le cessez-le-feu conclu après plusieurs jours de combats dans le nord et le nord-est du pays.

La rencontre, initialement prévue dimanche mais reportée en raison des conditions météorologiques, intervient après une opération militaire rapide des forces gouvernementales syriennes et de groupes tribaux alliés.

Les affrontements ont permis à Damas de reprendre le contrôle de vastes zones allant d’Alep à Raqqa, contraignant les FDS à accepter une trêve et un accord élargi plaçant les autorités civiles et militaires kurdes sous l’autorité de l’État syrien.

Un accord signé après une escalade militaire

Dimanche 18 janvier, Mazloum Abdi, également connu sous le nom de Mazloum Kobani, a confirmé son acceptation du cessez-le-feu annoncé et signé publiquement par le président Ahmed al-Sharaa à Damas. Dans une allocution télévisée, il a déclaré que le conflit avait été imposé aux FDS et qu’il préciserait les termes de l’accord après son retour de la capitale.

Selon la présidence syrienne, l’accord prévoit l’intégration des combattants des FDS dans les institutions étatiques, y compris l’armée, ainsi que le déploiement des autorités gouvernementales à Raqqa, Deir ez-Zor et Hassaké. Ahmed Al-Sharaa a appelé les forces tribales alliées à faciliter la mise en œuvre de l’accord.

Les défis de la mise en œuvre

À Damas, l’annonce du cessez-le-feu a suscité des scènes de célébration, mêlées à une certaine prudence. De nombreux Syriens expriment un soulagement après des semaines de tensions, tout en restant sceptiques quant à la solidité de l’accord, dans un pays marqué par près de 14 ans de guerre.

La fatigue liée au conflit semble toutefois dominer. La crise économique, qui touche la majorité de la population, renforce l’espoir qu’une stabilisation permettra de se concentrer sur la reconstruction et l’amélioration des conditions de vie.

Mazloum Abdi a expliqué que le retrait des FDS de Raqqa et de Deir ez-Zor vers Hassaké visait à éviter une escalade et un risque de guerre civile. Il a reconnu des pertes importantes, tout en affirmant vouloir préserver les acquis obtenus par son mouvement.

Des responsables des FDS ont appelé à des garanties internationales, notamment de la part des États-Unis. Selon les médias, ils ont nié tout soutien de l’Iran ou de la Russie, tout en soulignant la complexité de la situation sécuritaire.

Les analystes estiment que l’enjeu principal réside désormais dans la transition du contrôle militaire vers une gouvernance civile effective. Les autorités syriennes devront assurer la sécurité des populations locales, prévenir les représailles et intégrer économiquement ces régions au reste du pays.

Enjeux régionaux et internationaux

La reprise par Damas du contrôle de zones riches en ressources pétrolières et gazières pourrait renforcer sa position politique et financière, même si les retombées économiques ne seront pas immédiates. L’intégration des combattants des FDS et la gestion des équilibres tribaux constituent toutefois des défis majeurs pour la pérennité du cessez-le-feu.

Les États-Unis, présents militairement dans le nord de la Syrie, suivent de près l’évolution de la situation, notamment en raison du risque de résurgence de groupes armés.
La Turquie, de son côté, a réaffirmé son soutien à Damas et son opposition aux FDS, qu’Ankara considère liées au PKK.

La rencontre prévue entre Ahmed al-Sharaa et Mazloum Abdi devrait permettre de clarifier les modalités de l’accord et de préciser les prochaines étapes dans une région encore fragile.

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