Le président du Conseil de souveraineté soudanais, Abdel Fattah al-Burhan.

Le président du Conseil de souveraineté soudanais, Abdel Fattah al-Burhan, a durci sa position sur le conflit en cours. Selon lui, aucune issue politique durable n’est possible tant que les Forces de soutien rapide (RSF) continuent d’exister en tant que force armée.

S’exprimant dimanche à Port-Soudan, où il réside, le chef de l’armée a affirmé que toute initiative de paix intégrant les RSF ne ferait que repousser la crise. Il estime qu’une solution réelle passe par leur neutralisation complète.

Burhan a toutefois précisé que cette élimination ne signifie pas nécessairement une destruction physique totale. Il a évoqué la possibilité d’un désarmement et d’une reddition comme alternative.

Une guerre aux conséquences nationales

Le dirigeant soudanais a insisté sur l’ampleur des dégâts causés par le conflit. Il a évoqué des pertes civiles massives et des destructions matérielles étendues dans tout le pays. Selon lui, aucun Soudanais n’a été épargné par la guerre et que la population reste largement unie contre les RSF.

Abdel Fattah al-Burhan a également critiqué les initiatives internationales appelant à une trêve. Il estime que ces appels se sont multipliés après la chute d’El-Fasher en octobre.

Pour lui, ce timing n’est pas anodin, il y voit une tentative indirecte de permettre aux RSF d’élargir leur contrôle territorial. Il a souligné qu’aucune pression comparable n’avait été exercée lorsque la ville était assiégée. Selon ses propos, l’intensification des appels à la paix est intervenue une fois la situation militaire modifiée.

Des médiations refusées par les RSF

Le chef de l’armée a indiqué que Khartoum avait proposé la Turquie ou le Qatar comme médiateurs et a a ajouté que d’autres pays régionaux, comme l’Arabie saoudite ou l’Égypte, pourraient également jouer un rôle. Une confiance particulière envers le président turc Recep Tayyip Erdogan a également été souligné.

Abdel Fattah al-Burhan a clairement rejeté toute équivalence entre les deux camps.
Il affirme que l’armée régulière et les RSF ne peuvent être mises sur le même plan. Selon lui, les RSF continuent d’introduire des armes dans le pays, notamment au Darfour, sans entrave réelle. Et que, malgré les révolutions de nations unies le groupe paramilitaire poursuit ses attaques.

Une ouverture conditionnelle

Le dirigeant soudanais a réaffirmé la détermination de l’armée et de ses soutiens. Il a toutefois assuré rester ouvert à des solutions pacifiques. Le conflit, déclenché en avril 2023 sur fond de désaccords autour de l’unification des forces armées, se poursuit sans perspective claire de résolution. Il a provoqué l’une des pires crises humanitaires actuelles, avec des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

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