Des personnes se rassemblent au Mont des Arts lors d’une manifestation contre l’interdiction du port du voile dans un établissement supérieur de Bruxelles, en Belgique, le 5 juillet 2020. ( Dursun Aydemir – Anadolu Agency)

Des élèves d’un établissement secondaire professionnel de Gand, en Belgique, ont saisi la justice pour contester l’interdiction du port du voile. La mesure doit entrer en vigueur l’an prochain dans les écoles provinciales de Flandre orientale.

La radiotélévision publique VRT a rapporté l’information vendredi. Les autorités provinciales ont validé cette interdiction pour l’ensemble des établissements secondaires relevant de leur compétence. Les élèves du campus Richtpunt estiment que la décision cible principalement les jeunes filles musulmanes. Ils considèrent qu’elle porte atteinte à leurs droits fondamentaux.

Une représentation assurée par une initiative citoyenne

Les élèves étant mineurs, ils ne peuvent pas introduire eux-mêmes une procédure judiciaire. L’initiative citoyenne « My School, My Choice » les représente donc devant les tribunaux.

Plusieurs organisations de la société civile ont rejoint la procédure en soutien. Elles appuient la contestation déposée contre la décision provinciale.

Nadia El Omari, membre de « My School, My Choice », affirme que l’interdiction ne constitue pas une mesure neutre. Selon elle, la règle entraîne dans les faits l’exclusion structurelle de certaines élèves musulmanes.Elle déclare que les jeunes concernées doivent choisir entre leur scolarité et leur identité religieuse.

Un débat centré sur la visibilité des élèves musulmanes

Nadia El Omari estime que le débat public s’est concentré sur la visibilité des jeunes filles musulmanes dans l’espace scolaire. Elle affirme que la discussion ne porte pas de manière équivalente sur l’ensemble des signes religieux.

Selon elle, les établissements qui appliquent ce type d’interdiction ne reflètent pas la diversité actuelle de la société. Elle ajoute que limiter l’expression visible de cette diversité peut fragiliser le dialogue et le pluralisme entre élèves.

Une décision prise après l’échec du dialogue

D’après l’initiative citoyenne, les échanges menés ces derniers mois avec des responsables politiques n’ont pas abouti à un compromis. Les représentants des élèves ont alors décidé d’engager une action en justice.

Mohamed Amin Chaib, président de Muslim Rights Watch Belgium, qualifie l’affaire de symbolique. Il affirme que d’autres interdictions similaires dans des établissements flamands pourraient également faire l’objet de recours sur la base des droits humains.

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