À Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, des habitants se sont précipités dans les marchés après l’annonce d’affrontements entre Israël, les États-Unis et l’Iran. Beaucoup ont cherché à stocker des produits de base par crainte de pénuries.
Hani Abu Issa, 51 ans et père de 5 enfants, s’était rendu au marché pour acheter des produits destinés au repas de rupture du jeûne du Ramadan. Il a finalement constaté des files d’attente inhabituelles devant les épiceries. Selon lui, les clients ont acheté de la farine, du sucre, de l’huile et de la levure en grande quantité. En quelques heures, plusieurs rayons se sont vidés.
Anxiété après l’annonce de la fermeture des passages
L’inquiétude s’est accentuée après la publication d’un message de l’organisme israélien COGAT. Celui-ci a annoncé la fermeture des points de passage vers Gaza et la Cisjordanie « jusqu’à nouvel ordre », en raison de la situation sécuritaire liée à la guerre avec l’Iran.
Cette décision a renforcé les craintes d’une nouvelle rupture d’approvisionnement. Les habitants redoutent une répétition des pénuries observées lors des périodes précédentes de fermeture prolongée.
Plusieurs résidents évoquent la période de forte hausse des prix survenue l’an dernier durant le Ramadan. À cette époque, la fermeture des points de passage avait entraîné une raréfaction des produits alimentaires. Des vendeurs du marché de Nuseirat confirment une hausse rapide de la demande. Certains affirment que les clients agissent par précaution, en raison des difficultés vécues lors des précédentes crises.
Appels à une réouverture rapide
D’autres résidents affirment ne pas disposer des moyens financiers pour constituer des réserves. Asmaa Abu Al-Khair, mère de huit enfants, indique qu’elle peine déjà à couvrir les besoins quotidiens de sa famille pendant le Ramadan. Elle souligne également le manque d’espace pour conserver des provisions, notamment pour les familles déplacées vivant sous des tentes.
Des représentants du secteur privé local estiment que la fermeture prolongée des points de passage pourrait perturber la distribution d’aide et les cuisines caritatives. Ils signalent également un risque pour les patients nécessitant des soins médicaux à l’étranger.
Selon des responsables économiques locaux, l’économie de Gaza a fortement reculé ces dernières années. Ils appellent la communauté internationale à intervenir afin de permettre la reprise normale des échanges de biens et de personnes.






























