Migrant marocain de 16 ans, Mustapha se suicide en prison en France

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À 16 ans seulement, Mustapha était comme beaucoup d’autres adolescents, errant dans les rues de Paris. Son histoire poignante, marquée par la fugue, la migration depuis le Maroc, la toxicomanie et la délinquance, illustre les défis auxquels sont confrontés de nombreux jeunes migrants cherchant un avenir meilleur.

En octobre 2023, la prison de Villepinte en banlieue parisienne est le théâtre de tragédies successives. En quelques jours, quatre détenus mineurs tentent de mettre fin à leur vie. Le premier d’entre eux, Mustapha, réussit tragiquement son geste, mettant un terme à ses espoirs brisés, comme le relate StreetPress.

Mustapha, originaire de Fnideq dans le nord du Maroc, quitte son pays à l’âge de 14 ans avec l’espoir de sortir sa famille de la pauvreté : « Je pars pour nous sauver de la misère ». Cependant, son voyage vers l’Europe se transforme rapidement en cauchemar, sans issue apparente. Malgré un début prometteur en Espagne, où il est pris en charge dans un foyer et recommence l’école avec enthousiasme, Mustapha glisse peu à peu dans la spirale destructrice de la drogue et de la délinquance.

Arrivé en France, après des fugues et des délits répétés, il se retrouve derrière les barreaux. C’est là que sa détresse atteint un niveau critique. Placé à l’isolement en raison d’une infestation de punaises de lit, Mustapha exprime à plusieurs reprises des pensées suicidaires aux médecins. Le confinement solitaire devient insupportable. Malheureusement, ses appels à l’aide restent sans réponse des autorités. Le manque d’écoute et de soutien dont il avait désespérément besoin le conduit à commettre l’irréparable.

Le drame se termine par la découverte de Mustapha, sans vie, dans sa cellule. Cet acte désespéré brise le cœur de sa famille qui vit ce deuil à distance, tout en bouleversant les équipes en charge de son suivi.

Cette tragédie souligne les insuffisances du système de protection des jeunes migrants isolés en France et appelle à des mesures préventives pour éviter de telles situations à l’avenir. Les mineurs en détention font face à des défis psychosociaux accrus, notamment liés à l’isolement et à la confinement en cellule. Un rapport de la sociologue Alice Simon, cité par Mediapart, met également en évidence l’impact négatif de la séparation familiale et du climat parfois hostile au sein des établissements.

Les éducateurs se trouvent souvent entravés par des contraintes institutionnelles qui limitent leur capacité à offrir un soutien approprié à ces jeunes migrants non accompagnés (MNA). L’équilibre entre sécurité et accompagnement éducatif est donc délicat, avec une tendance à privilégier les aspects sécuritaires au détriment des besoins éducatifs essentiels de ces jeunes en détention.

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