Une déclaration critique signée par 168 personnalités
En Turquie, un débat public a émergé après la diffusion d’un texte critiquant les activités liées au Ramadan dans les écoles. Intitulée « Nous défendons la laïcité ensemble », la déclaration rassemble 168 signataires issus des milieux académique, artistique et médiatique.
Selon ses auteurs, ces initiatives seraient contraires au principe de laïcité. Toutefois, cette prise de position a immédiatement suscité de nombreuses réactions dans les sphères politique et universitaire.
Le cadre constitutionnel mis en avant
De leur côté, plusieurs experts en droit rappellent le contenu de l’article 24 de la Constitution. Celui-ci garantit la liberté de croyance et encadre l’enseignement religieux sous le contrôle de l’État.
Pour le professeur Zakir Avşar, la laïcité signifie la neutralité de l’État à l’égard des convictions. Elle n’implique pas, selon lui, l’effacement de toute référence religieuse dans l’espace public. Par ailleurs, le ministère de l’Éducation a publié une circulaire intitulée « Ramadan au cœur de l’éducation ». Ce texte encourage des activités culturelles et informatives pendant le mois sacré.
Le ministre de l’Éducation, Yusuf Tekin, a estimé que cette déclaration évoquait le climat du 28 février 1997. Cette date renvoie au mémorandum militaire souvent qualifié de « coup d’État postmoderne ». À cette période, plusieurs restrictions avaient visé certaines expressions religieuses, notamment dans le domaine scolaire. Dès lors, certains observateurs considèrent que toute interprétation jugée restrictive ravive le souvenir de ces années.
Des positions politiques opposées
En parallèle, des responsables du principal parti d’opposition ont critiqué l’initiative du ministère. Ils accusent le gouvernement de fragiliser l’équilibre de l’enseignement laïque. À l’inverse, d’autres voix estiment que les activités de Ramadan relèvent du patrimoine culturel national. Selon elles, aucune obligation religieuse n’est imposée aux élèves.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a affirmé que ces initiatives visent à sensibiliser les jeunes à la signification du mois sacré. Il a également assuré que les libertés ne sont pas restreintes dans le pays.






























