Écosse : le boycott d’Israël au cœur des critiques
Un an après un vote historique du Parlement écossais, la question du boycott d’Israël revient au centre des débats.
Des groupes pro-palestiniens accusent le gouvernement dirigé par le SNP de ne pas avoir appliqué pleinement les mesures votées.
Le gouvernement écossais défend toutefois son action et rappelle les limites de ses compétences.
Un vote en faveur du boycott
En septembre 2025, le Parlement écossais avait adopté une motion sur Israël.
Le texte appelait à mettre en place un ensemble de mesures de boycott, de désinvestissement et de sanctions.
Ces mesures visaient Israël ainsi que certaines entreprises considérées comme impliquées dans son occupation des territoires palestiniens.
La motion avait été proposée par les Scottish Greens.
Elle avait obtenu 62 voix favorables contre 31 voix défavorables.
Des accusations contre le gouvernement SNP
Un an après ce vote, plusieurs groupes pro-palestiniens estiment que les engagements n’ont pas été suffisamment suivis.
La Scottish Palestinian Society et Scotland for Palestine dénoncent notamment un manque d’actions concrètes.
Ils considèrent cette situation comme un épisode particulièrement préoccupant de l’histoire politique écossaise.
Selon ces organisations, le gouvernement doit aller plus loin pour appliquer le vote du Parlement.
Le cas de Barclays au centre du débat
La polémique concerne notamment Barclays.
La banque fait partie des établissements sélectionnés pour participer au programme d’émission obligataire du gouvernement écossais.
Or, des organisations pro-palestiniennes accusent Barclays d’avoir des liens financiers avec des entreprises fournissant des armes ou des technologies à Israël.
La Palestine Solidarity Campaign, Campaign Against Arms Trade et War on Want affirment notamment que Barclays détient plus de 2 milliards de livres d’actions dans neuf entreprises concernées.
Elles estiment également que la banque leur aurait accordé plusieurs milliards de livres sous forme de prêts et de garanties financières.
Le gouvernement invoque les règles de passation des marchés
La vice-Première ministre écossaise Jenny Gilruth a répondu aux critiques dans une réponse parlementaire.
Elle a rappelé que les règles écossaises permettent notamment d’examiner l’exploitation d’actifs situés dans des territoires occupés illégalement.
Une telle situation peut, dans certains cas, constituer une faute professionnelle grave.
Cependant, l’exclusion d’une entreprise doit être examinée au cas par cas.
Elle doit également respecter le droit applicable aux marchés publics.
Barclays n’a pas été exclue
Dans le cas de Barclays, le gouvernement écossais affirme que les critères d’exclusion n’ont pas été remplis.
La banque n’a donc pas été écartée du programme d’émission obligataire.
Cette décision est au cœur des critiques des Scottish Greens.
Le député Ross Greer estime que les règles utilisées par le gouvernement sont trop faibles.
Selon lui, elles ne permettent pas de donner une véritable portée au vote de septembre 2025.
Le SNP défend son action
Le gouvernement écossais rejette l’idée d’une absence totale d’action.
Un porte-parole rappelle que l’Écosse a été l’un des premiers gouvernements à demander un cessez-le-feu à Gaza.
Il affirme également que l’exécutif écossais continue de défendre la paix, la justice et les droits humains.
En septembre 2025, le gouvernement avait annoncé un ensemble de mesures économiques et humanitaires liées à la situation à Gaza.
Il avait notamment suspendu les nouveaux financements publics destinés à certaines entreprises de défense dont les produits sont fournis à des pays pour lesquels il existe des éléments plausibles de génocide.
Un débat sur les limites du pouvoir écossais
La controverse pose aussi une question plus large.
Le gouvernement écossais ne dispose pas de toutes les compétences d’un État indépendant.
Certaines décisions commerciales et internationales relèvent du gouvernement britannique.
Édimbourg peut cependant agir dans plusieurs domaines relevant de ses compétences.
Les marchés publics constituent notamment l’un des principaux leviers évoqués par les groupes favorables au boycott.
La question palestinienne reste présente en Écosse
Cette controverse montre que la question palestinienne conserve une place importante dans le débat politique écossais.
Les Scottish Greens demandent désormais au gouvernement de transformer le vote de 2025 en mesures concrètes.
Les groupes pro-palestiniens souhaitent également davantage de transparence sur l’utilisation de l’argent public.
De son côté, le gouvernement affirme continuer à utiliser les moyens dont il dispose pour soutenir les droits des Palestiniens.
Le débat devrait donc se poursuivre autour d’une question centrale : comment appliquer concrètement le boycott voté par le Parlement tout en respectant les compétences et les règles juridiques de l’Écosse ?































