
La réalisatrice Kaouther Ben Hania, a refusé de recevoir un prix lors du gala « Cinema for Peace » organisé à Berlin. Lauréate du prix « Most Valuable Film » pour son projet The Voice of Hind Rajab, elle a laissé le trophée sur scène. Par ce geste, elle a voulu dénoncer la situation à Gaza.
Dans son intervention, la cinéaste a déclaré ressentir une responsabilité plutôt que de la gratitude. Selon elle, la reconnaissance artistique ne peut être séparée du contexte politique. Elle a affirmé que la mort de la jeune Palestinienne Hind Rajab, tuée en 2024 à Gaza, ne constitue pas un cas isolé. Elle estime au contraire qu’elle s’inscrit dans un cadre plus large de violences systématiques.
Un discours centré sur la justice
Kaouther Ben Hania a insisté sur la notion de justice. Elle a également rappelé l’obligation de rendre des comptes. « Justice means accountability. Without accountability, there is no peace », a-t-elle déclaré devant le public. Elle a accusé l’armée israélienne d’avoir tué Hind Rajab, ainsi que des membres de sa famille et deux ambulanciers venus lui porter secours. En outre, elle a évoqué la responsabilité de gouvernements et d’institutions internationales.
Par ailleurs, la réalisatrice a refusé que son film serve de « toile de fond à un discours poli sur la paix ». Elle a précisé qu’elle n’accepterait la récompense que lorsque la paix serait poursuivie comme une obligation légale et morale. Selon elle, cette paix doit reposer sur une véritable responsabilité.
Un film consacré à Hind Rajab
The Voice of Hind Rajab retrace l’histoire de la fillette palestinienne tuée le 29 janvier 2024 à Gaza City. Ce jour-là, des tirs ont visé le véhicule familial alors que la famille fuyait les combats dans le nord de l’enclave, selon le Croissant-Rouge palestinien. L’enfant est restée piégée dans la voiture.
Le film s’appuie sur l’enregistrement audio du dernier appel téléphonique de Hind au Croissant-Rouge palestinien. Dans cet appel, elle demandait de l’aide. L’affaire a suscité une vive émotion internationale.
Un contexte de critiques à Berlin
La prise de position de la réalisatrice intervient dans un climat de tensions au sein du monde du cinéma. Plus de 80 professionnels, dont Javier Bardem, Tilda Swinton et Brian Cox, ont signé une lettre ouverte. Ils critiquent le Festival international du film de Berlin pour son absence de position claire sur Gaza. Les signataires dénoncent un double standard et appellent à davantage de responsabilité face aux violations du droit international.
La cérémonie « Cinema for Peace » s’est tenue en parallèle du festival berlinois. Celui-ci se déroule ce mois-ci dans la capitale allemande.


























