Introduction
Pendant de longues années, Israël et la Turquie ont entretenu des relations étroites.
Ils coopéraient sur les plans diplomatique, économique et parfois militaire. Mais au fil du temps, ces liens se sont dégradés. Aujourd’hui, on parle de rupture profonde entre Ankara et Tel-Aviv.
Pour comprendre ce changement, il faut revenir aux faits:
Une relation autrefois stable
Les relations diplomatiques entre la Turquie et Israël ont commencé peu après la création de l’État d’Israël. La Turquie a été parmi les premiers pays musulmans à reconnaître Israël en 1949.
Dans les années 1990, ces liens se sont développés sur plusieurs fronts. Un exemple marquant est l’accord de libre-échange signé en 1996 entre les deux pays, entré en vigueur en 1997. Cet accord a permis de supprimer des barrières tarifaires et d’intensifier les échanges économiques.
À cette époque, les relations étaient suffisamment bonnes pour que les deux gouvernements envisagent des coopérations larges dans différents secteurs. Ils renforçaient régulièrement leurs liens politiques et commerciaux.
L’affaire du Mavi Marmara : Le tournant
La relation a commencé à se détériorer au tournant des années 2000.
Un événement en particulier a joué un rôle clé.
Le 31 mai 2010, des commandos de l’armée israélienne ont pris d’assaut le navire humanitaire turc MV Mavi Marmara en mer Méditerranée.
Ce navire faisait partie d’une flottille internationale de bateaux qui tentaient de briser le blocus israélien de la bande de Gaza pour transporter de l’aide.
Lors de cette opération 9 militants turcs ont été tués et plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Cet incident a choqué la Turquie et provoqué une grave crise diplomatique. Après l’affaire, la Turquie a exigé des excuses officielles d’Israël.
L’absence de réponse immédiate a conduit à une rupture durable des relations politiques.
La question palestinienne au centre du désaccord
La question palestinienne est un sujet majeur dans les relations entre les deux pays.
La Turquie, notamment sous la direction de son président Recep Tayyip Erdoğan, a souvent critiqué l’action israélienne envers les Palestiniens.
Ces critiques ont trouvé une forte résonance dans l’opinion publique turque et dans certains médias internationaux. De leur côté, les autorités israéliennes ont considéré ces positions comme une ingérence politique excessive dans leurs affaires internationales, ce qui a contribué à accroître les tensions diplomatiques.
Tentatives de normalisation et tensions persistantes
Après plusieurs années de froid diplomatique, Israël et la Turquie ont annoncé une normalisation de leurs relations en 2022, mettant fin à plus d’une décennie de rupture. Pour autant, cette normalisation n’a pas signifié une disparition des désaccords.
La Turquie a affirmé qu’elle continuerait à défendre la cause palestinienne même dans le cadre de cette réouverture diplomatique. Les divergences persistent, surtout sur les questions régionales et géopolitiques, notamment autour du conflit israélo-palestinien.
Pourquoi cela concerne le monde musulman
La Turquie occupe une place particulière dans le monde musulman, souvent présente comme une voix influente pour la cause palestinienne. Ses prises de position ont un impact dans plusieurs pays à majorité musulmane. Cette dynamique signifie que la détérioration des relations avec Israël n’est pas seulement bilatérale.
Cette dynamique a des répercussions plus larges influençant les relations diplomatiques dans la région. Mais aussi, les perceptions politiques et les débats publics autour du Moyen-Orient.
Ce qu’il faut en retenir:
Israël et la Turquie ont longtemps eu des relations constructives après 1949. Cependant, à partir des années 2000, plusieurs facteurs ont entraîné un glissement vers la tension. L’affaire du Mavi Marmara en 2010 a cristallisé ces tensions et par la suite, la question palestinienne a continué d’alimenter désaccords politiques. Et même si des tentatives de normalisation ont eu lieu, les relations restent fragiles.
Ce contexte explique pourquoi beaucoup parlent aujourd’hui non seulement de désaccords diplomatiques, mais de changements durables dans la façon dont ces deux pays se perçoivent et interagissent.




























