Hatice Cenzig sous surveillance saoudienne

Les autorités de renseignement américaines ont averti leurs homologues britanniques l’année dernière de garder un œil sur la fiancée du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi après avoir pris connaissance d’un plan de Riyad de l’espionner pendant son séjour au Royaume-Uni.

Des sources du renseignement occidental ont déclaré au Guardian que les États-Unis pensaient que l’Arabie saoudite avait l’intention de surveiller Hatice Cengiz à Londres en mai dernier, environ sept mois après le meurtre brutal de son fiancé au consulat saoudien à Istanbul.

Khashoggi, un ancien initié du régime auto-exilé vivant aux États-Unis à l’époque, s’était rendu au consulat d’Istanbul en octobre 2018 pour recueillir les documents nécessaires à la poursuite de son mariage.

Le rôle déterminant de la fiancée Hatice Cengiz

Sa fiancée attendait devant le consulat saoudien ce jour-là, et c’est elle qui a sonné l’alarme lorsque son fiancé n’est jamais réapparu.

Le Washington Post a également rapporté des allégations selon lesquelles Hatice Cengiz et l’un des fils de Khashoggi étaient « sous surveillance saoudienne » lors de leur séjour à Londres l’année dernière.

L’espionnage présumé de personnalités proches de Khashoggi et la présence continue à Riyad de Saoud al-Qahtani – le bras droit du prince héritier saoudien qui aurait supervisé le meurtre du journaliste – étaient des préoccupations qui ont poussé le département d’État américain à rejeter une proposition de formation au bénéfice des services de renseignement saoudiens, a rapporté le Post.

La nouvelle de la surveillance présumée de Hatice Cengiz par Riyad intervient alors que les opérations de renseignement extérieur de l’Arabie saoudite font l’objet d’un examen particulier.

Plus tôt cette semaine, le chef d’Amazon, Jeff Bezos, a accusé l’Arabie saoudite d’avoir piraté son téléphone en novembre 2018, juste un mois après le meurtre de Khashoggi.

Le téléphone de Bezos aurait été piraté au moyen d’une image qui lui aurait été envoyée par un compte WhatsApp utilisé par le prince héritier saoudien Mohammad bin Salman, probablement à l’aide de logiciels espions acquis auprès de la société israélienne NSO Group. L’ONU a demandé l’ouverture d’une enquête officielle sur ces allégations.

Alors que Riyad a nié ces allégations, il a déjà été accusé d’avoir participé au piratage de téléphones de dissidents à l’aide du logiciel espion Pegasus de NSO.

Parmi eux se trouve le satiriste saoudien Ghanem al-Dosari, qui, un tribunal britannique plus tôt cette semaine, a donné son feu vert pour poursuivre le royaume pour avoir prétendument infiltré son téléphone, ainsi que pour une attaque physique de 2018, selon lui, dirigée par Riyad.

Le critique du régime saoudien basé au Canada, Omar Abdulaziz, a également accusé Riyad de pirater son téléphone à l’aide du logiciel espion Pegasus, une mesure qui, selon lui, a permis au régime de voir ses conversations avec Jamal Khashoggi et pourrait même avoir facilité le meurtre du journaliste.

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