
Une étude publiée cette semaine dans la revue médicale The Lancet apporte de nouveaux arguments en faveur de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV). Au Royaume-Uni, les chercheurs ont constaté qu’aucune femme âgée de 20 à 24 ans n’était décédée d’un cancer du col de l’utérus entre 2020 et 2024, alors que 23 décès étaient attendus sans vaccination.
Ces résultats renforcent l’espoir de réduire fortement, voire d’éliminer, cette maladie dans les pays où les campagnes de vaccination sont largement déployées.
Un virus à l’origine de nombreux cancers
Le HPV regroupe plus de 200 virus qui se transmettent principalement par contact sexuel. La plupart des infections disparaissent naturellement, mais certaines souches à haut risque peuvent provoquer plusieurs types de cancers.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 95 % des cancers du col de l’utérus sont liés au HPV. Cette maladie reste le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, avec environ 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès recensés en 2022. Les spécialistes considèrent la vaccination comme le moyen le plus efficace de prévenir ces cancers.
Des campagnes qui se multiplient
Le Royaume-Uni vaccine les adolescents contre le HPV depuis 2008. D’autres pays ont récemment renforcé leurs programmes.
L’Inde a lancé cette année une campagne gratuite destinée à plus de 11 millions d’adolescentes. La Chine a intégré le vaccin à son programme national en 2025, tandis que le Pakistan et l’Indonésie ont également développé des campagnes à grande échelle.
Les pays à revenu faible ou intermédiaire restent toutefois les plus touchés par le cancer du col de l’utérus. La majorité des décès enregistrés chaque année survient en Afrique, en Asie et dans certaines régions d’Amérique centrale.
La désinformation reste un obstacle
Malgré les résultats encourageants, plusieurs campagnes de vaccination continuent de faire face à la méfiance d’une partie de la population.
Sur les réseaux sociaux, certaines publications affirment à tort que le vaccin provoquerait l’infertilité ou certaines maladies. Les études scientifiques disponibles n’ont pourtant établi aucun lien entre le vaccin contre le HPV et ces effets.
Les autorités sanitaires estiment que l’amélioration de la couverture vaccinale demeure l’un des principaux leviers pour réduire durablement les décès liés au cancer du col de l’utérus.































