Le président israélien Isaac Herzog.

La visite annoncée du président israélien Isaac Herzog en Australie ne passe pas inaperçue. Plusieurs organisations juridiques australiennes et palestiniennes ont saisi la police fédérale australienne et demandent l’ouverture d’une enquête formelle.

Une démarche fondée sur le droit international

Les trois groupes l’Australian Centre for International Justice, Al-Haq et le Centre Al Mezan ont transmis un dossier détaillé aux autorités. Ils estiment que l’Australie a l’obligation légale d’examiner les accusations visant Isaac Herzog, notamment celles liées à l’incitation au génocide.

Selon ces organisations, certains propos publics tenus par le président israélien depuis le début de la guerre à Gaza pourraient relever de violations graves du droit international.
Un seuil jugé suffisant pour déclencher une enquête.  L’absence de poursuites nationales ailleurs renforcerait le devoir d’agir de l’Australie.

À l’invitation du Premier ministre Anthony Albanese, Isaac Herzog est attendu à Sydney début février.  Après l’attaque meurtrière survenue à Bondi Beach le mois dernier la visite s’inscrit dans un contexte très particulier. Canberra présente cette invitation comme un moment de recueillement etun geste de solidarité envers la communauté juive australienne. Cependant, cette lecture ne fait pas consensus, même au sein de la communauté juive.

Des critiques en Australie

Le Jewish Council of Australia s’est publiquement opposé à cette visite. Pour ses responsables, accueillir un chef d’État associé à une guerre accusée de crimes majeurs risque d’attiser les tensions internes plutôt que de les apaiser. L’organisation met en garde contre une instrumentalisation politique du deuil, et s’inquiète  du climat législatif actuel.
Notamment après l’adoption accélérée de nouvelles lois sur les armes et les discours de haine.

Si certaines dispositions ont été retirées avant le vote final, d’autres restent contestées.
Dont des pouvoirs élargis accordés à l’exécutif. Pour plusieurs associations, le risque est double, restreindre les libertés civiles tout en ciblant certaines communautés. Le chiffre significatif de 60 000 personnes ont signé une pétition appelant les autorités australiennes à éviter toute stigmatisation.

Au-delà du cas d’Isaac Herzog, l’affaire soulève une question plus large. Celle de la responsabilité des dirigeants étrangers. Pour les juristes à l’origine de la plainte, il ne s’agit pas de diplomatie mais de droit. Ils rappellent que les principes de compétence universelle existent précisément pour ces situations. Reste désormais à savoir si la police fédérale australienne donnera suite à cette demande et jusqu’où Canberra acceptera de s’exposer.

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