En France et au Maroc, de plus en plus de marocains prennent la parole pour parler des discriminations qu’ils subissent au quotidien depuis qu’ils habitent sur le sol français. D’ailleurs, des organismes officiels se font de plus en plus le relais de ces témoignages. Ainsi, le Défenseur des droits et le Conseil d’analyse économique viennent de publier leur rapport en France.

Et au même moment, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), installé au Maroc, publie une enquête sur le même sujet, à savoir les discriminations subies par les marocains installés en Europe.

Et les conclusions sont les mêmes : il est extrêmement difficile pour un marocain de s’intégrer dans la société européenne en général et française en particulier. La couleur de peau, le nom à consonance étrangère ainsi que la religion musulmane en seraient les raisons.

Des discriminations au quotidien

Lamiaa, 22 ans, est étudiante en management. Elle explique ses difficultés avec son voile :

«Dans la rue, je sens le regard méprisant des autres sur moi. Cela me met extrêmement mal à l’aise. Surtout que je suis souvent seule vu que je n’ai toujours pas pu me faire des amis ici.»

Elle explique ce qui s’est passé lors d’un entretien :

«Lorsque je me suis rendue sur place, on m’a expliqué clairement qu’avec le voile, ce ne serait pas possible et que je devais l’enlever pour travailler.»

De son côté, Youssef, 29 ans, est né à Casablanca. Il habite en France depuis 9 ans et a trouvé du travail. Mais il souffre toujours de discriminations au quotidien.

«J’ai beaucoup déménagé pour le travail. J’étais donc souvent à la recherche de logement. Comme tout le monde, je consultais les annonces sur Internet. Au premier coup de téléphone avec les propriétaires, je remarquais souvent leur gêne lorsqu’ils s’apercevaient de mon accent ou lorsque je leur donnais mon nom. Les deux sonnent maghrébin. »

Quant à Aya, 20 ans, elle affirme aussi être victime de racisme. Étudiante en école d’ingénieur, elle explique rencontrer des difficultés pour s’intégrer.

«Nous, étudiants et étudiantes d’origine maghrébine, on se fait plus souvent contrôler par les vigiles que les autres. Quand je sors avec des amis, il nous arrive de nous sentir surveillés et suivis par les agents de sécurité dans les magasins. Les clichés sur les Arabes présumés voleurs sont tenaces.»

Et des témoignages de ce genre, on peut en compter des milliers en France. Dans une enquête inédite publiée par le CCME, sont répertoriées toutes les difficultés que rencontrent les marocains en France. Discrimination à l’emploi au logement, difficultés d’exercer son culte, impossibilité de décrocher un prêt bancaire…

L’enquête a interrogé 1.433 jeunes Marocains résidant en France. Le rapport explique :

«64% estiment rencontrer plus de difficultés à trouver un emploi, 57% peinent à obtenir un logement et 42% à pratiquer leur religion.»

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