Une enquête montre que la mort de Zineb Redouane résulte d’une faute policière

Deux ans après la mort de Zineb Redouane, 80 ans, touchée par une grenade lacrymogène lors d’une manifestation des « gilets jaunes » en décembre 2018 à Marseille, une contre-enquête du site d’investigation Disclose met en cause les conclusions du rapport d’expertise officiel. Après la publication de ce document, lundi 30 novembre, l’avocat des enfants de Zineb Redouane dénonce sur franceinfo le refus de la justice « d’investiguer correctement ».

 

La responsabilité du tireur « clairement engagée »

Mais dans une reconstitution vidéo des faits, basée sur le rapport balistique, des images de vidéosurveillance et une modélisation 3D, le site Disclose et le groupe de recherche basé à Londres Forensic Architecture assurent que la responsabilité du tireur de la grenade lacrymogène « reste clairement engagée » dans la mort de l’octogénaire. Ils ont analysé la scène image par image et concluent que Zineb Redouane a été tuée par un tir tendu, pourtant interdit avec un lance-grenade, en raison de sa dangerosité, d’autant plus que ce tir était dirigé vers des immeubles d’habitations.

Après avoir vu cette reconstitution, l’avocat des enfants de la victime, Maître Yassine Bouzrou, a déclaré à franceinfo qu’il pense « que le policier a tiré car il imaginait que Madame Redouane, qui était au téléphone avec son haut-parleur, filmait les violences policières qui avaient lieu en bas de chez elle. »

« Nous demandons aujourd’hui, tout simplement, que les magistrats instructeurs en tirent toutes les conséquences en mettant en examen le CRS qui a tiré une grenade au visage de Madame Redouane. » demande Me Yassine Bouzrou.

Les enfants de la victime « constatent que les juges d’instruction lyonnais refusent de réaliser ce qu’on appelle une enquête effective au sens de la Cour européenne des droits de l’homme, dans la mesure où les policiers, les CRS, et notamment le CRS qui a tué Madame Redouane, n’ont jamais été entendus par les juges d’instruction. »

« Nous sommes donc malheureusement dans une situation où la justice refuse d’investiguer correctement et de mettre en cause des policiers qui ont pourtant tué une dame de 80 ans qui était à sa fenêtre, avec son téléphone, qui n’a fait de mal à personne, et on trouve ça totalement scandaleux », dénonce l’avocat.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît tapez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici