Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et montrant des employés de l’entreprise de textile Le Slip Français coupables de «Blackface» a été qualifiée de raciste et a provoqué une vive indignation.

Une vidéo «raciste», des internautes furieux

Les internautes allant jusqu’à demander le boycott de cette marque. La société a directement licencié les employés concernés par cette parodie raciste.

La vidéo a été tournée lors d’une soirée privée et elle a été diffusée par le compte Instagram «Décolonisons-nous» ce 3 janvier, où elle a été vue plus de 50 000 fois depuis sa mise en ligne.

On y voit deux femmes et un homme coupables de «Blakcface», c’est à dire grimés en noir. L’homme imite un singe sur fond de Saga Africa, l’une des femmes est maquillée en noir et l’autre rit des singeries de l’homme.

Une autre vidéo de la même soirée circule également sur Twitter, où elle a été visionnée plus de 930 000 fois depuis le 2 janvier.

Sur la vidéo, on peut également reconnaître plusieurs employés de l’entreprise le Slip Français, société créée en 2011 et qui emploie aujourd’hui plus de 200 personnes.

 

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Nous voici donc en 2020… les actes racistes ont encore de beaux jours devant eux… • Ne nous détrompons pas. TOUT le monde connait le sens d’un blackface aujourd’hui. C’est suffisamment médiatisé pour que l’on sache qu’y avoir recours est plus que problématique. C’est raciste. • Il s’agit ici d’atteinte à la dignité humaine contre des personnes en raison de leur couleur de peau. Ces personnes qui se permettent de danser grossièrement, le corps et le visage grimés, ou de mimer un singe pour répondre aux exigences du thème « Viva Africa » de la soirée, ont un comportement raciste condamnable et punissable par la loi?. • • D’après les tags de cette vidéo, nous avons affaire à @la_balme @zoenwc @rolandlucas. Il semblerait d’après des abonné.e.s qu’il s’agirait pour une partie de responsables en poste chez @leslipfrancais. • • N’étant pas une soirée officiellement organisée par cette marque, nous ne pouvons la blâmer directement. Mais nous pouvons voir à quel point le comportement de collaborateurs et de collaboratrices sur les réseaux sociaux est important. Et à quel point il est indispensable pour toute société qui se prétend « responsable et engagée », « respectant tout ceux qu’elle croise sur son chemin », « osant poser les questions qui fâchent » pour que son « action ait un impact positif sociétal » et qui considère comme primordiale la lutte antiraciste, de s’assurer en amont que ce genre d’agissements déshumanisants, rabaissants, et insultants ne soient pas l’apanage des membres de son équipe. L’éducation ne devrait pas leur revenir, ceci est clairement le rôle des parents à la base, mais lorsqu’il s’agit d’adultes responsables, les retombées ne se font plus sur les parents, mais bien sur l’environnement professionnel. Ne dit-on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ? • @leslipfrancais, étant donné la portée et la taille de votre entreprise, il faut communiquer là-dessus et faire votre part du job, ne faites pas l’impasse sur ces faits graves,vous n’êtes pas responsable des actes individuels de vos recrues,mais il est indéniable que leurs répercussions vous concernent tout autant. #racisme

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Le Slip Français réagit par un communiqué

En réaction, l’entreprise par le biais de son fondateur, Guillaume Gibault, a diffusé ce vendredi un communiqué.

Les salariés concernés ont été convoqués et sanctionnés par la direction du Slip Français. (…) Moralement, c’est contraire à nos valeurs. On dénonce ces actes-là (…) On a été très fermes avec eux. (…) Ce genre de comportement n’a pas sa place dans notre équipe.

Il rajoute que,

On a réagi tout de suite. (…) Dans un contexte où les choses vont très vite, on fait de notre mieux pour être très fermes. Ce genre de comportement n’a pas sa place dans notre équipe et dans notre démarche, ça n’est pas nos valeurs.

SOS Racisme contacté

L’entreprise a rassemblé par la suite, l’ensemble de ses employés pour redéfinir les valeurs d’ouverture portées par sa société. Les dirigeants ont aussi contacté l’association SOS Racisme.

Il a été discuté de la participation de l’association à la mise en place, en interne, d’un programme de sensibilisation aux problématiques du racisme et des discriminations.

SOS Racisme ne se prononce pas encore sur les suites à donner à cette affaire d’un point de vue juridique.

Le plus désolant, c’est que ce sont des jeunes qui soit s’adonnent consciemment à un racisme hypocritement nié, soit ne comprennent même pas qu’ils véhiculent le racisme. Le « blackface » tel qu’il est ici utilisé puise les origines dans le théâtre américain du 19e siècle et visait à humilier les personnes noires en les ridiculisant.

La réponse d’une des participantes à cette soirée,

Pour clarifier les choses, loin de moi la moindre pensée raciste, bien au contraire ! Il s’agissait d’un dîner entre potes sur le thème Africa, rien de plus. Désolée si cela a mal été interprété. Bonne année et viva Africa.

 

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