« Le racisme anti-blanc n’existe pas »Rokhaya Diallo donne une leçon aux (1)

Pour la militante féministe et anti-raciste Rokhaya Diallo, il n’est pas possible, aujourd’hui en France, de parler de « racisme anti-Blancs ». Rokhaya Diallo donne une leçon magistrale sur le plateau de Balance Ton Post !

 

Explications de Rokhaya Diallo

Le racisme, c’est une histoire. Une histoire d’oppression qui a des conséquences aujourd’hui. Être noir en France, ça veut dire être potentiellement victime de violences policières – être arabe aussi, d’ailleurs – être possiblement agressé, insulté. Et ce n’est pas seulement une expérience individuelle, mais une expérience collective et qui peut émaner des institutions.

C’est pour ça que moi, quand on me parle de racisme anti-Blancs, étant donné qu’il n’y a pas cette histoire du racisme et qu’il n’y a pas des conséquences institutionnelles, ça me semble problématique. Alors, ça ne veut pas dire que les Blancs ne sont pas exposés à des discriminations, à des injures raciales, et ça, je le déplore et je trouve que c’est absolument inacceptable.

« Il n’y a pas de théories qui ont dit : « Les Blancs sont inférieurs » »

Mais parler de racisme quand être blanc en France, ça reste un avantage… Il vaut mieux en France être blanc qu’arabe ou que rom’ ou qu’asiatique. Parler de racisme, ça me semble déplacé. C’est comme si on parlait de sexisme anti-hommes parce que quelques hommes sont battus. Quand on est blanc, on ne vit pas avec l’idée qu’on va expérimenter le racisme dans sa vie. Alors qu’il n’y a pas une seule personne non-blanche qui, de sa vie en France, à un moment, n’a pas été renvoyée à sa couleur de peau de façon négative. Et c’est ça, la différence, pour moi. Il n’y a pas de théories en France qui ont hiérarchisé sur le plan racial et qui ont dit : « Les Blancs sont inférieurs. » Ça, ça n’existe pas, enfin à ma connaissance.

Moi, je ne connais pas de gens, de minorités qui revendiquent une supériorité et qui ont pu établir des politiques anti-Blancs. Et c’est en ça que je trouve qu’il y a une erreur quand on dit ça, c’est comme si j’avais l’impression d’être victime d’hétérophobie dans les bars gays parce que je ne rentre pas ou parce que des homosexuels m’insultent, insultent ma sexualité. Non ! La sexualité que j’ai, aujourd’hui, elle est dominante. Et je ne peux pas dire que je suis victime d’hétérophobie, parce que ça n’a aucun sens.

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