Au Liban, les autorités ont ouvert des démarches d’analyse après des signalements faisant état du largage d’une substance chimique suspecte dans le sud du pays. Par ailleurs, des habitants de la région d’Aita al-Shaab et des localités voisines ont évoqué le survol d’aéronefs israéliens procédant à des pulvérisations inhabituelles.

La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara Zein, a indiqué avoir saisi le commandement de l’armée afin d’organiser des prélèvements sur les zones concernées. Ces échantillons doivent permettre d’identifier la nature exacte de la substance utilisée. De plus, la ministre a précisé que des conclusions seraient rendues après analyses. Elle a aussi affirmé que d’éventuels résultats toxiques ne surprendraient pas.

Des opérations de paix fortement perturbées

Cette opération a eu des conséquences directes sur le terrain. De ce fait, la Force intérimaire des Nations unies au Liban a suspendu une partie de ses activités après avoir reçu des consignes de sécurité.

Selon l’UNIFIL, l’armée israélienne l’avait informée en amont d’une action aérienne prévue près de la Ligne bleue. Les Casques bleus ont alors reçu l’ordre de se retirer des secteurs exposés et de rester confinés. Plus d’une dizaine de missions ont été annulées. Les patrouilles n’ont pu intervenir sur environ un tiers de la zone surveillée, pendant plus de neuf heures.

Des risques pour les civils et l’environnement

L’UNIFIL a alerté sur les conséquences potentielles de cette opération. Elle estime que la situation a pu exposer ses personnels ainsi que des civils à des risques sanitaires.

La mission onusienne évoque également des inquiétudes pour les terres agricoles et pour la reprise des activités économiques locales. Elle craint que ces événements n’entravent le retour des habitants déplacés dans certaines zones frontalières. En coordination avec l’armée libanaise, l’UNIFIL a participé à la collecte d’échantillons afin d’évaluer la toxicité de la substance.

La force de maintien de la paix juge l’incident incompatible avec la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Celle-ci régit les arrangements sécuritaires au sud du Liban depuis 2006. Par ailleurs, elle considère que ce type d’action complique l’exécution de son mandat.

L’UNIFIL rappelle que des incidents similaires se sont déjà produits par le passé. Elle appelle Israël à cesser ces opérations. Elle demande aussi de renforcer la coopération avec les missions internationales afin de préserver la stabilité dans la région.

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