
Palestine : des artistes dénoncent la répression à Londres
La situation en Palestine était au cœur d’une rencontre organisée à Londres. Plusieurs artistes et militants s’y sont réunis pour défendre la liberté d’expression. Ils ont également dénoncé les pressions exercées sur les voix solidaires des Palestiniens.
Lors de cet événement, une intervenante a décrit la Palestine comme un terrain d’expérimentation de nouvelles formes de répression. Selon elle, ces méthodes pourraient ensuite toucher d’autres populations dans le monde.
La Palestine au centre des échanges
Intitulée « Cultural Resistance: From Bangladesh to Palestine », la rencontre s’est déroulée dans le quartier de Bethnal Green, à l’est de Londres.
Des intervenants venus du Bangladesh, d’Iran, de Palestine et du Royaume-Uni ont partagé leurs expériences. Tous ont abordé le rôle de la culture face aux restrictions politiques.
La soirée était présidée par Sarona Bedwan, écrivaine et militante palestinienne. Elle a notamment évoqué les liens entre les situations vécues à Gaza, en Cisjordanie et dans d’autres pays.
Selon elle, les artistes doivent pouvoir dénoncer les injustices sans subir de pressions. Elle estime aussi que la solidarité entre les peuples dépasse les frontières.
Un photographe bangladais témoigne
Le photographe et militant Shahidul Alam a ensuite pris la parole. Il est revenu sur son expérience sous le gouvernement de Sheikh Hasina au Bangladesh.
Il a notamment dénoncé le contrôle exercé sur plusieurs institutions du pays. Il a cité la police, la justice et l’administration.
L’artiste a également évoqué le soulèvement étudiant de juillet 2024. Ce mouvement a conduit à la chute du gouvernement. Il a rappelé la mort d’Abu Sayed, un étudiant tué par la police le 16 juillet 2024.
Pour Shahidul Alam, un changement de dirigeant ne suffit pas. Une véritable transformation nécessite aussi une évolution de la culture politique.
Il a enfin raconté sa participation à la Flottille de la liberté en 2025. Les forces israéliennes avaient alors intercepté le bateau en mer. Après sa libération, il a contribué à l’achat d’un nouveau navire destiné à rejoindre Gaza.
Les artistes iraniens face à la censure
La réalisatrice iranienne Maryam Tafakory a, de son côté, abordé les difficultés rencontrées par les artistes dans son pays.
Elle a expliqué que les débats sur l’Iran sont souvent présentés de manière trop simple. Pourtant, certains artistes dénoncent la répression du régime tout en refusant les interventions étrangères.
Elle a également évoqué le mot « résistance ». Selon elle, les autorités iraniennes utilisent régulièrement ce terme pour défendre leur position face à Israël et aux puissances occidentales.
Cependant, certains artistes souhaitent lui donner un autre sens. Ils veulent pouvoir dénoncer les violences et les injustices, quelle que soit leur origine.
Au Royaume-Uni, la question de la liberté artistique
Les échanges ont également porté sur les pressions rencontrées par les institutions culturelles britanniques.
Rahila Haque, membre du réseau Artists for Palestine UK, a présenté les actions de son organisation. Celle-ci encourage les artistes à examiner leurs partenariats avec des organismes liés à Israël.
Elle a notamment évoqué le cas du centre artistique Arnolfini, à Bristol. En novembre 2023, celui-ci avait annulé plusieurs événements liés au Bristol Palestine Film Festival.
Cette décision avait provoqué une importante campagne de boycott. Plus de 1 400 artistes avaient alors contesté cette annulation. Le centre avait finalement présenté ses excuses en mai 2024.
Un autre cas a été évoqué à Birmingham. Le Midlands Arts Centre avait envisagé d’annuler une projection organisée par une association de solidarité avec la Palestine.
La controverse concernait notamment l’emploi du mot « génocide » dans les supports de communication. Après la mobilisation de militants, le centre avait finalement renoncé à cette annulation.
Les artistes défendent une solidarité internationale
Cette rencontre a mis en lumière les liens entre les mouvements artistiques de plusieurs pays. Les intervenants ont notamment rapproché les expériences vécues en Palestine, au Bangladesh et en Iran.
Ils ont aussi rappelé l’importance de préserver des espaces de création indépendants. Pour eux, les artistes doivent pouvoir raconter les événements et exprimer leurs opinions librement.
L’événement était organisé par Book Works et Artists for Palestine UK, avec la participation de Drik Picture Library. Il bénéficiait également du























