Montpellier - Le Parti socialiste écarte une candidate voilée d'une liste électorale

Le débat sur le voile qui enflamme la gauche à intervalles réguliers vient de ressurgir à Montpellier à l’heure du dépôt des listes en vue des élections municipales. Une candidate voilée écartée, des militants qui claquent la porte et des camarades embarrassés qui préfèrent se taire pour « ne pas affaiblir le parti », rapporte Le Nouvel Obs.

Samira Yakhlef n’a pas été acceptée sur la liste de Michaël Delafosse. Trois de ses camarades s’insurgent.

« J’enlève le foulard pour la photo? »  Samira Yakhlef en plaisante, mais le ton dit son amertume. Malgré elle, elle est au centre de l’une de ces petites polémiques de campagne à Montpellier qui alimentent les réseaux sociaux et les discussions en période électorale, après avoir été « écartée » de la liste conduite par Michaël Delafosse, au motif qu’elle porte un voile raconte le Midi Libre.

Militante du Parti communiste français, la jeune femme, mère de six enfants et résidant à Celleneuve, a décidé de s’inviter dans le débat municipal. Dans la droite ligne de son combat pour la mixité scolaire, né de la polémique sur le changement de carte scolaire qui obligeait les enfants de l’école des Marroniers à rejoindre un collège mal considéré. « J’ai voulu poursuivre cet engagement, considérant que c’est en étant élu que l’on pouvait faire changer les choses », dit-elle, aspirant à améliorer le quotidien des quartiers populaires.

En 4e position sur douze candidats

A Montpellier, son parti ayant localement scellé un accord avec le Parti socialiste, permettant l’inclusion de douze militants communistes parmi les 65 colisiters, elle fait savoir son intérêt. Lors du vote en assemblée générale, le 1er février, ses camarades la positionnent en 4e position sur les douze candidats proposés à Michaël Delafosse.

« L’accord prévoyait notre souveraineté dans le choix des candidats. Pourtant, on nous a demandé nos CV, pour évaluer l’aspect “qualitatif”, intervient Hugo Ros, autre candidat à la candidature. C’est là qu’ils ont rejeté le choix de Samira, au prétexte qu’elle portait un foulard. Tout juste ont-ils proposé qu’elle soit repositionnée en fin de liste, en position non-éligible.« 

Les discussions, au fil des jours, n’ont pas abouti. Et ce, même si une nouvelle assemblée générale confirmait le choix des communistes. D’où la décision des trois camarades de la jeune femme, Maxime Michaud et Marion Kissous, en plus d’Hugo Ros, de se retirer de la liste. Le cœur gros.

Le candidat Michaël Delafosse assume son choix

Joint ce jeudi 20 février, Michaël Delafosse ne louvoie pas pour défendre sa position. C’est au nom d’une laïcité assumée qu’il a refusé la candidature de Samura Yakhlef.

« En tant qu’enseignant, en tant qu’élu, je suis viscéralement attaché à cette laïcité. C’est l’esprit de concorde, le fondement de la République. Et je considère qu’une femme voilée ne peut, par exemple, célébrer un mariage ou un baptême républicain. L’exercice de service public comporte une obligation de neutralité », dit-il, assurant que sa volonté n’était aucunement de blesser.

« La laïcité, c’est justement de laisser le choix de porter le foulard ou de ne pas le porter. De croire à une religion ou de ne pas croire », insiste Maxime Michaud, indiquant d’ailleurs que ce foulard « n’a rien de religieux ». « On m’a demandé pourquoi je n’ai pas accepté de l’enlever. Mais c’est aussi mon identité, mon bien-être. Et cela ne m’empêche pas de participer à des marches féministes », reprend Samira.

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