
Alors que la crise humanitaire à Gaza atteint des niveaux extrêmes et que les souffrances civiles deviennent emblématiques des lacunes du système international de droits humains, l’Indonésie se positionne comme un leader moral dans ce contexte global, en particulier à la tête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Cette situation met en lumière la fracture entre les principes universels proclamés et la réalité politique mondiale.
Gaza : une crise humanitaire extrême
Selon des agences internationales, une part importante de la population de Gaza souffre de pénuries alimentaires catastrophiques, avec de nombreux habitants confrontés à la famine malgré des stocks suffisants à la frontière et des obstacles bureaucratiques à l’acheminement de l’aide humanitaire. Des organisations comme le Programme alimentaire mondial ont averti qu’attendre une confirmation complète de la famine avant d’agir reviendrait à « compter des corps plutôt que prévenir des morts ».
La crise alimentaire est exacerbée par le fait que des licences d’opérations de nombreuses ONG humanitaires ont été suspendues ou révoquées, ce qui risque d’aggraver encore davantage la situation humanitaire déjà tragique.
Échec du système international et double standard
La crise de Gaza a mis en évidence une disparité frappante dans la réponse internationale aux crises. Alors que des invasions ou agressions contre certaines nations comme la réaction à l’invasion de l’Ukraine ont suscité des sanctions rapides, une forte aide militaire et une condamnation diplomatique, la situation de Gaza n’a pas obtenu une réponse cohérente et unifiée du même type sur la scène mondiale.
Des experts en droit international affirment que ce traitement différencié menace l’intégrité des normes mondiales en matière de droits humains. Lorsque l’application du droit dépend des alliances politiques plutôt que de principes constants, la loi cesse de fonctionner comme un mécanisme d’équité et devient un outil de politique.
Indonésie : une voix écoutée au Conseil des droits de l’homme
Dans ce contexte, l’Indonésie occupe une position influente après avoir été élue à la présidence du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Le pays, en tant que plus grande démocratie à majorité musulmane et acteur historique des mouvements anti-colonialistes, a appelé à une application universelle et non sélective des droits humains dans les affaires internationales.
Le rôle d’Indonésie est analysé non seulement comme un symbole moral, mais aussi comme un test pour le Sud global, qui espère voir les institutions internationales surmonter les hiérarchies des intérêts politiques et rétablir la confiance dans un ordre mondial fondé sur des normes communes.
Une crise de confiance qui dépasse Gaza
La crise de Gaza n’est pas uniquement une tragédie humanitaire ; elle soulève des questions fondamentales sur la crédibilité de l’ordre international, notamment sur la manière dont les États et organismes mondiaux appliquent ou échouent à appliquer des principes qu’ils proclament pourtant défendre.
Dans un contexte où la faim, la guerre et l’accès entravé à l’aide humanitaire deviennent des outils de pression politique, il est apparu que la confiance dans les institutions mondiales est érodée grain par grain, remettant en question la capacité de ces dernières à répondre de manière juste et égale à toutes les crises.





























