Manifestations contre le coût de la vie trop élever, à Téhéran, en Iran, le 29 .décembre 2025

Les autorités iraniennes ont intensifié leur réponse sécuritaire face à une vague de protestations sans précédent. Selon la télévision d’État, plus de 3 000 personnes ont été arrêtées à travers le pays depuis le début des manifestations.

Ces arrestations visent des individus accusés d’avoir participé aux troubles ou d’avoir incité à la mobilisation. Une source sécuritaire, citée anonymement, affirme que certains détenus seraient liés à des « groupes terroristes » ou impliqués dans des actes jugés aggravants par le pouvoir.

Un bilan humain contesté et opaque

Les chiffres officiels restent fragmentaires. Les autorités iraniennes n’ont communiqué  aucun bilan global concernant les morts ou les blessés depuis le début du mouvement.
En revanche, des organisations indépendantes avancent des données bien plus lourdes. L’Agence de presse des militants des droits humains (HRANA), basée aux États-Unis, affirme que plus de 19 000 personnes ont été arrêtées depuis le déclenchement des protestations.

Selon la même source, au moins 2 677 personnes auraient perdu la vie lors des affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Des chiffres impossibles à vérifier de manière indépendante, mais qui soulignent l’ampleur de la crise.

Une colère née de la crise économique

Les premières manifestations ont éclaté le 28 décembre à Téhéran. À l’origine, la contestation était portée par des commerçants, des artisans et des petits entrepreneurs.

La chute continue du rial, l’inflation galopante et l’effondrement du pouvoir d’achat ont rapidement transformé la colère économique en mouvement politique.
Les images de bus municipaux incendiés et d’infrastructures endommagées sont devenues le symbole d’un mécontentement profond. Cependant, très vite, la contestation s’est étendue à d’autres villes. Travailleurs, étudiants et classes populaires ont rejoint les rassemblements, donnant au mouvement une dimension nationale.

Une contestation qui dépasse l’économie

Si les revendications économiques restent centrales, les slogans ont évolué. Dans de nombreuses villes, les manifestations ont pris une tournure ouvertement anti-gouvernementale. Cette évolution inquiète les autorités. Le pouvoir redoute un effet d’entraînement similaire aux mouvements de protestation passés, qui avaient déjà mis à l’épreuve la stabilité du régime.

Face à cette pression, la stratégie semble désormais claire : arrestations massives, contrôle de l’information et fermeté sécuritaire. Mais cette réponse risque, elle aussi, d’alimenter davantage la colère.

En effet, la situation en Iran est suivie de près par les pays voisins et les grandes puissances. Toute déstabilisation prolongée pourrait avoir des conséquences régionales majeures, tant sur le plan sécuritaire qu’économique.

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