L’ancien Premier ministre australien Scott Morrison après sa défaite aux élections de Mai 2022

Les déclarations de l’ancien Premier ministre australien Scott Morrison sur l’islam et la sécurité ont suscité de fortes réactions parmi les responsables musulmans et plusieurs figures politiques. Ses propos portent sur une réforme du cadre encadrant les fonctions religieuses musulmanes en Australie.

Lors d’une conférence consacrée à l’antisémitisme, organisée cette semaine à Jérusalem, Scott Morrison a appelé à la création d’un registre national et d’un système d’accréditation des imams. Il a également plaidé pour un renforcement des contrôles sur les financements étrangers des institutions religieuses.

Des mesures justifiées par des arguments sécuritaires

L’ancien chef du gouvernement a relié ses propositions à l’attaque survenue à Bondi lors d’un événement de Hanouka, qui a fait 15 morts. Il a affirmé que les auteurs présumés s’étaient radicalisés en Australie et a appelé les organisations musulmanes à jouer un rôle accru dans la lutte contre l’extrémisme. Dans une tribune publiée dans la presse australienne, Scott Morrison a défendu l’idée d’un encadrement national des responsables religieux. Il a évoqué des exigences en matière de formation, de conduite et de responsabilité financière.

Les principales organisations musulmanes australiennes ont rapidement rejeté ces propositions. La Fédération australienne des conseils islamiques a dénoncé des propos qu’elle juge dangereux et contraires à la liberté religieuse.

Son président, le Dr Rateb Jneid, a estimé que ces mesures créeraient une distinction injustifiée entre citoyens. Selon lui, elles ouvriraient la voie à une surveillance ciblée d’une seule communauté religieuse.

Le Conseil national des imams australiens a également critiqué l’initiative. Il a souligné que les autorités n’avaient établi aucun lien entre les attaques récentes et une organisation religieuse structurée.

Des mises en garde institutionnelles

Le commissaire à la lutte contre les discriminations raciales a appelé à la prudence. Il a averti qu’une approche ciblant une seule religion risquait d’alimenter la stigmatisation et les divisions sociales.

Des membres du gouvernement australien  travailliste ont également exprimé leurs réserves. Ils ont rappelé que les responsables musulmans avaient condamné les violences et souligné leur contribution à la cohésion nationale.

Scott Morrison a, de son côté, rejeté toute volonté de contrôler la religion. Il affirme défendre un cadre de responsabilité, sans intervention directe de l’État dans les pratiques religieuses.

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