Islam de France” est devenu le terme que beaucoup aimeraient voir devenir réalité, surtout nos politiques… Derrière ce terme se cache une réforme programmée, un Islam pensé pour s’adapter à une vision polluée par l’appel du pouvoir…. En somme, un bon tremplin pour atteindre les sommets.

Celui qui semble le plus gagnant en ce moment c’est le FN, éloge du gourou Cukierman envers Marine Le Pen, Valls qui déclare avoir peur pour son pays, les dérapages de ses partisans, bref, on entend beaucoup parler du Parti allant même jusqu’à, pour cette fois plus que d’habitude, le voir réellement au pouvoir.

Les perdants… Nous bien sûr, et ce n’est pas prêt de s’arranger. La guerre interne pour savoir qui sera le nouveau leader de la communauté fait rage un peu partout en France, comme c’est le cas au niveau local à Marseille où le CRCM (Conseil régional du culte musulman, antenne locale) est rongé par les mêmes problèmes de nationalisme et d’intransigeance de pouvoir.

Comme Sarkozy, Valls est à la recherche du meilleur “interlocuteur” pour sa “modernisation” de l’Islam, serait-il à Marseille ?

Selon LaProvence.com dans la ville on connaît la réponse… Non ! Pour cerner un peu pourquoi, il faut se tourner vers le CRCM à qui plusieurs reproches sont faits, l’un d’entre eux concerne la façon dont le président est élu. Président qui ne ferait pas du tout l’unanimité au sein de la communauté marseillaise.

Le mode de scrutin consiste à proposer des grands électeurs en fonction de la taille des mosquées ! Quelle injustice ! Celui qui a une plus grosse mosquée gagne ???? Et ce sont ces personnes ensuite qui élisent le président du CRCM.
Certains trouvent cette méthode stupide et préféreraient voir tous les musulmans voter pour élire leur dirigeant ou laisser s’exprimer les associations, c’est ce que souhaite la FFAIACA (Fédération Française des Associations Islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles).

Mais ce n’est pas que pour cela que le président, Khalid Belkhadir, n’est pas écouté, il y a aussi parce qu’il est marocain et qu’en plus il est Vauclusien et non marseillais !!! Comment voulez-vous que l’on y arrive si l’on s’arrête sur ce genre de critère ??!! Nous ne savons pas si cet homme est compétent ou non mais c’est peut-être par là qu’il faudrait commencer.

Les Marocains seraient minoritaire à Marseille avec 10.000 ressortissants contre 90.000 pour les Algériens. l’Algérie est pourtant représentée avec Djamel Bedra, Istréen, et le Marseillais Amar Tazir. Ce dernier gère la mosquée de la porte d’Aix (avec Moussa Bouzenzen). Selon lui le CRCM représente « quand même une grande partie des musulmans. Puis, que va nous proposer le ministre ? Il va changer le nom du CFCM peut-être. Je ne vois pas ce qu’il pourrait faire d’autre. »

Comme le CFCM, le CRCM est en fait une coquille vide où l’on cultive un Islam du pays selon celui qui en est à la tête. Comme dans beaucoup de mosquées de France, ce sont toujours les mêmes ou la famille de ceux-ci qui dirige les lieux de culte fermant ainsi la porte au renouveau et faisant apparaître un bureau vieillot en total décalage avec ce qui les entourent.

À Marseille, l’exemple le plus flagrant de ce nationalisme passant avant l’Islam et les intérêts de ses fidèles, se trouve dans le projet de la Grande Mosquée de Marseille qui avait vu un temps fort lors de la première pierre posée à Saint-Louis en 2010 et qui a été tout bonnement abandonné.
Pourquoi ? Parce que l’Algérie a mis le holà, en effet le pays devait contribuer au lancement d’une collecte en faisant symboliquement lui-même un don de 7 millions d’euros sur les 22 nécessaires, mais non…

Tout cela parce que l’homme qui portait le projet, Noureddine Cheikh, a été contraint de céder sa place à l’imam Ghoul. À qui on reproche, entre autres, d’être… Marocain. Voilà le déroutant contexte marseillais mais qui malheureusement ne lui est pas exclusif.

Quelques déclarations :

Farid AMRI, mosquée de la Busserine : « Il faut revoir la manière d’élire le CRCM. J’en ai fait partie lors du premier mandat. On n’était pas crédible mais c’était un départ. Depuis, rien n’a évolué. Il faut revoir le scrutin, les fondements du CRCM. Ce sont les musulmans de base qui doivent désigner les représentants. Autrement dit, celui qui s’estime citoyen de confession musulmane doit pouvoir s’inscrire et voter. Puis, que l’on cesse avec cette hégémonie nationale. Certains veulent un Algérien, d’autres un Marocain ou un Comorien. On est Français, il faut un élu reconnu par tous. »

Moussa KOITÉ, mosquée Bilal, Saint-Charles : « Je le dis depuis des années : le CRCM est une coquille vide. À Paris Dalil Boubekeur ne représente personne. Il est là parce que ça « arrange » l’Algérie et la France. Ici c’est pareil. L’État a compris que ses interlocuteurs ne représentent pas la majorité silencieuse. Mais que propose-t-il ? Il faut réformer la loi de 1905. Il faut que l’État intervienne, qu’il instaure un cadre. Et si on en sort, il ne nous remet dedans. L’islam doit être accompagné parce que les musulmans sont nés pour ne pas être d’accord entre eux. On ne doit pas laisser l’islam aux imams. Et il faut donner plus de poids aux associations. »

Haroun DERBAL, mosquée Marché aux Puces : « Le CFCM est à bout de souffle. C’est le conseil des chancelleries. L’Algérie d’un côté avec la Grande Mosquée de Paris, le Maroc de l’autre avec le RMF. Ça ne peut plus continuer. On parle d’islam de France mais on accepte les influences de l’Algérie et du Maroc. Puis il y a le mode d’élection des représentants du CRCM, basé sur le métrage. C’est stupide. Enfin, il faut des jeunes. Il faut en finir avec l’ancienne génération. Parmi ceux qui nous représentent, il y en a qui ne parlent même pas français. »

Ali DAHMANI, mosquée de la Capelette : « Je suis membre du CRCM et je pense qu’il faut le renforcer, rajouter des responsables de mosquées. Il faut qu’il y ait plus de Marseillais. On doit trouver un leader aussi. Mais qui ? Je n’en vois pas. Puis, les Algériens sont mal représentés. Il ne faut pas oublier qu’ils constituent la majorité des musulmans dans notre ville. »

Faire des fatwas exclusives à la France ?

Une autre branche du CFCM a fait parler d’elle la semaine dernière. En effet, le CRCMB (Conseil Régional du Culte Musulman de Bretagne), en la personne de Mohamed Zaïdouni, a esquissé l’idée à l’Assemblée nationale de fatwas à la française, le sujet de la formation d’imams bilingues et connaisseurs de l’histoire de France y a été aussi discuté.

Pour ce qui est des fatwas, ce serait pour lui une bonne façon d’unir les musulmans Français. Un «Islam de France» pour les musulmans français… C’est bien dans le ton du moment…. On aura donc le nouveau CFCM dirigeait un peu plus par l’État avec une autre instance à côté qui s’occuperait de faire des fatwas correspondant plus à ce qui doit être dans une république laïque ?

Mr Zaïdouni a déclaré qu’il faut une instance qui serait capable d’adapter l’Islam au contexte du pays. En ce qui concerne le voile, par exemple, il déclare qu’une « telle instance pourrait comprendre et donc légitimer des dérogations au port du voile dans un pays où la loi l’interdit ».

Selon lui, le CFCM travaillerait déjà à l’élaboration de ce nouveau conseil qui devrait regrouper les plus grands théologiens français. « Pour fédérer les musulmans de France, il faut mettre en face d’eux des gens qui sont crédibles ». Il y a au moins une chose sur laquelle nous sommes d’accord….

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