L’arabe est une langue officielle de l’ONU depuis 1973, elle est fêtée chaque année par l’Unesco le 18 décembre.

Ces premières traces datent de temps ancestraux et nous utilisons plus de 500 mots d’origine arabe dans notre quotidien.

C’est au moyen-âge que ces mots ont surtout été véhiculés. Nous donnerons, ici, quelques exemples de ces mots et surtout leurs histoires.

Le mot «toubib», utilisé familièrement pour médecin.

Ce mot a été introduit très tôt en français grâce aux voyageurs.

En arabe, la médecine s’appelle al-ṭibb et un médecin ṭabīb.

Mais le mot toubib s’est réellement répandu en France avec les troupes coloniales. Les militaires dépeignaient leur environnement en utilisant les mots arabes, l’église devenait la mosquée, le prêtre, le marabout, et le médecin devenait le toubib.

Le mot «arobase», de l’unité de mesure à l’adresse informatique.

Même pour des mots que l’on croyait récents. Comme arobase et que nous utilisons quotidiennement en envoyant des courriels : arobase. Le a entouré, @, est utilisée dans l’informatique depuis 1971. Mais le symbole et le mot lui-même a des histoires très différentes.

Dans les textes du bas latin, le signe est au départ une ligature. C’est-à-dire un ensemble de lettres liées et qui forme un caractère unique.

Puis le a entouré a été introduit au XIXème siècle, aux États-Unis, dans les machines à écrire, sur les claviers et s’est ensuite retrouvé sur les claviers d’ordinateurs.

Au départ, le mot arabe rubᶜ signifie littéralement _ «le quart»._ Il est utilisé dans le système des poids et mesures arabes anciens.

L’administration arabe introduit ses unités de masses en Espagne. Le qintār devient quintal et le rubᶜ se transfigure en arroba, al arroba avec l’article.

Puis, les deux mots passent en français, quintal et arrobe.

Depuis la fin du Moyen Âge, en Espagne, puis en France, sur les registres où sont tenus les comptes et les unités de mesure, les commerçants inscrivent la ligature @ comme symbole de l’arroba.

En France, dans les années 1970, les informaticiens découvrent sur les claviers d’ordinateurs venus des Etats-Unis le fameux a entouré. Mais comment le transcrire ? Si le @ est traduit, cela donnerait « à », et il y a un risque de confusion avec d’autres notions.

Les informaticiens s’aperçoivent que le @ figure toujours dans les catalogues de fondeurs de caractères d’imprimerie. Ils découvrent que ce signe a un nom : arrobe ou arobas. Ce nom a donc été gardé.

Le mot «mousson» du phénomène saisonnier à Vasco de Gama.

Le mot arabe mawsim signifie «saison», littéralement, et au sens figuré «tout événement qui revient de façon saisonnière», comme des foires, des célébrations religieuses, des fêtes annuelles.

Dans l’océan Indien, les marins arabes ont donné ce nom aux vents, qui sont saisonniers. D’avril à septembre, les vents du sud-ouest poussent leurs bateaux des côtes africaines vers les côtes d’Oman et d’Inde. Puis, ces vents s’inversent pendant l’hiver et permettent la navigation dans le sens inverse.

En 1498, lorsque Vasco de Gama traverse l’océan Indien, il prend un bateau à Malindi, dans l’actuel Kenya. Le sultan de Malindi leur donne un pilote arabe pour les guider jusqu’à Calicut, sur la côte occidentale de l’Inde.

Le pilote prononce le mot mawsim, les Portugais entendent mauçam, et le mot se fixe sous la forme monção.

Le mot passe en français, sous la forme monsson ou muesson, et c’est au XVIIe siècle, que le mot prendra sa forme actuelle : mousson.

Le mot « alcool » du fard à paupières aux alchimistes.

Un mot qui commence par AL, on sait généralement qu’il vient de l’arabe, c’est donc le cas pour alcool.

Il y a le mot arabe kuhl et avec l’article al-kuhl, qui désigne une fine poudre noire de sulfure de plomb et d’antimoine. Ce produit existe depuis l’Antiquité, les Égyptiennes l’utilisaient comme collyre pour protéger les yeux de leurs bébés mais aussi comme produit de beauté.

Puis, le mot est passé dans le latin médiéval, avec le même sens, mais sous la forme alcohol. Et également en espagnol.

En 1527, le mot passe tel quel en français, lors de la traduction d’un livre. Ce mot a donc deux sens, pour les alchimistes, la poudre fine et pour les élégantes, le produit de beauté. Il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour que le mot prenne sa forme actuelle : khôl.

À la Renaissance, les alchimistes se servent de ce mot pour désigner un nouveau produit, «l’esprit de vin», c’est-à-dire le «produit d’une distillation de vin». Il fait une rupture de sens.

Le mot reste tel quel en français et perd son H au XIXème siècle.

Le mot «douane» des tablettes sumériennes aux registres fiscaux.

Ce mot nous fait remonter au début de l’écriture, à Sumer. C’est-à-dire la basse Mésopotamie actuelle, où, de 3 400 à 3 300 avant notre ère, les Sumériens passent à l’écriture. On écrit avec un qalam de bambou, qu’on appelle qanû, qui a donné le mot canne en français.

On écrit avec un qanû sur une tablette d’argile, qu’on appelle en Sumérien dub. Et chez les Babyloniens qui leur ont succédé et qui parlaient une langue sémitique cousine de l’araméen, de l’hébreu, ou de l’arabe, on dit tuppu.

L’écriture sumérienne s’est ensuite étendue à toutes les civilisations. Tout le monde s’est mis à écrire avec ses cunéiformes, c’est-à-dire ces petites écritures qui ressemblent à des clous.

Mais sur le plateau iranien, le mot apparaît en ancien Perse sous la forme dipi. Dub ou tuppu donne dipi. Cela veut dire la même chose : c’est le mot «tablette». Et d’où le mot « document » tout simplement. Ensuite, ce mot passe à travers les langues du moyen-perse, c’est-à-dire du premier millénaire de notre ère avant l’arabe, et le mot apparaît là sous la forme moderne : diwan.

Le mot est repris par l’arabe avant même de passer dans le nouveau perse. Et l’administration arabe des premiers Califes utilise ce mot diwan pour des registres de militaires par exemple, mais aussi pour des registres fiscaux.

Lorsque la civilisation arabe s’étend et que les Zirides de Tunis occupent pendant deux siècles la Sicile, ils créent une administration, où notamment le bureau du fisc s’appelle le diwan.

Les Normands qui conquièrent la Sicile à partir de 1050, reprennent l’administration arabe. Ils donnent plusieurs noms à leur administration. Ils donnent un nom grec au bureau : secréton en grec, et un nom arabe : diwan.

La première fois qu’on le voit avec son sens moderne, c’est dans des documents de l’époque, en 1150 à Pise, où on le voit écrit en latin, et ça donne duana, doana ou dohana pour dire le bureau qui contrôle l’entrée et la sortie des marchandises. Donc c’est bien un bureau fiscal, mais c’est une spécialisation. Et ça passe au XIIIe siècle sous la forme dohanne et doane. La forme moderne s’est généralisée à partir du XVIIe siècle : douane.

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