Près de quinze ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye reste engagée dans une transition politique sans issue claire. Depuis 2011, la mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) enchaîne les mandats et les médiations. Elle ne parvient toutefois pas à restaurer des institutions unifiées et durables.
Une succession de mandats sans stabilisation politique
En janvier 2025, l’ONU a nommé Hanna Tetteh à la tête de la MANUL. Elle est devenue la onzième envoyée spéciale depuis le début du conflit. Chaque mandat s’est accompagné de nouvelles feuilles de route. Les initiatives ont aussi multiplié les dialogues politiques. Cependant, ces efforts n’ont pas conduit à des élections nationales et n’ont pas non plus permis l’unification de l’État.
La Libye demeure divisée entre administrations rivales, avec des structures sécuritaires fragmentées et des influences étrangères persistantes. Cette situation a conduit à une gouvernance intérimaire prolongée, devenue un état de fait.
Le dialogue structuré et la crise judiciaire
Fin 2025, l’ONU a lancé un « dialogue structuré » visant à dégager une vision nationale commune et à relancer le processus électoral. Toutefois, cette initiative a contourné les cadres juridiques existants, provoquant de nouvelles tensions institutionnelles.
En janvier, la Chambre des représentants a activé une Cour constitutionnelle suprême concurrente à Benghazi. Cette décision remet en cause l’autorité de la Cour suprême de Tripoli et crée une dualité judiciaire inédite, compliquant toute perspective d’élections reconnues à l’échelle nationale.
Une stabilité sécuritaire sans cadre institutionnel
Depuis le cessez-le-feu de 2020, la situation militaire reste relativement stable. Toutefois, cette stabilité ne s’est pas traduite par une consolidation politique ou juridique. Les mécanismes soutenus par l’ONU produisent des recommandations sans force contraignante ni mécanismes d’application.
Parallèlement, les activités économiques stratégiques se poursuivent. En 2025, la Compagnie nationale de pétrole a conclu un accord énergétique de long terme avec des groupes internationaux, malgré les incertitudes sur la légitimité institutionnelle.
Une approche internationale à plusieurs niveaux
Alors que l’ONU poursuit ses initiatives multilatérales, plusieurs acteurs internationaux privilégient des contacts directs avec les autorités de facto, tant à Tripoli qu’à Benghazi. Cette approche pragmatique renforce une gestion fragmentée du pays, sans règlement politique global.
À ce stade, l’absence d’un cadre juridique unifié demeure l’un des principaux obstacles à la sortie de crise.





























