Jeudi 15 août, le très controversé Jacques Vergès est décédé à Paris à l’âge de 88 ans. Personnage public, il était surnommé «l’avocat de la terreur» pour avoir défendu un grand nombre de personnalités plus ou moins indéfendables.

« Serais-je prêt à défendre Hitler ? Bien sûr ! Et même George W. Bush. Je suis prêt à défendre tout le monde à condition qu’ils plaident coupables »

En effet, il aimait provoquer et déstabiliser. Il suffit de voir la liste de ses clients pour s’en apercevoir : le nazi Klaus Barbie, Carlos le révolutionnaire, le Khmer rouge Khieu Samphan, le dictateur serbe Slobodan Milosevic, la fille de Marlon Brando, le jardinier marocain Omar Raddad, le tueur en série Charles Sobrhaj… Il était également prêt à prendre la défense de Mouammar Kadhafi.

Jacques Vergès est né le 5 mars 1925 (un an plus tôt selon un biographe) en Thaïlande d’un père réunionnais et d’une mère vietnamienne. Il grandit à la Réunion en voyant son père devenir député communiste et son frère jumeau devenir le créateur du PC réunionnais. A 17 ans il intègre les Forces françaises libres et après sa démobilisation et un séjour à Prague, il revient à Paris en 1955 pour y suivre les brillantes études d’avocat qu’on lui connaît.

Touché par la guerre d’Algérie, il devient l’avocat du FLN en 1957 et quelques années plus tard il épouse la militante Djamila Bouhired, après l’avoir sauvée de la peine de mort en 1963. De 1970 à 1978, Jacques Vergès disparaît et quitte sa famille mystérieusement. A son retour, fidèle à lui-même il laisse planer le doute sur cette période en se contentant de dire qu’il a passé des vacances «très à l’est de la France», puis il reprend ses activités d’avocat.

Sa conversion à l’Islam survient lorsqu’il s’éprend de l’Algérie et qu’il y épouse sa seconde femme, Djamila Bouhired. Il y restera jusqu’en 1970 pour s’ériger avec passion et raison contre le colonialisme et pour y faire sa nouvelle patrie, puisqu’il prend la nationalité algérienne à cette époque.

Tantôt défenseur des pauvres et de la justice, tantôt défenseur des pires criminels contre l’humanité, Jacques Vergès était à coup sûr un sérieux rempart contre le colonialisme et le sionisme.

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