En Iran, lLe froid de décembre n’a pas seulement fermé des écoles et des administrations. Il a surtout mis à nu un régime plongé dans sa crise la plus grave depuis 1979. Le rial iranien, tombé à environ 1,42 million pour un dollar, incarne cet effondrement. En un an, il a perdu 46 %, tandis que les réseaux de contournement des sanctions se désagrègent.

Le contraste est brutal pour un pays riche en gaz naturel, incapable de chauffer sa capitale. Le ministre de l’Énergie a reconnu l’arrêt de treize centrales par manque de carburant. L’État brûle désormais du mazout toxique pour compenser. Selon les autorités sanitaires, ce combustible cause près de 15 % des décès à Téhéran.

La fermeture des écoles et l’enseignement en ligne révèlent un pouvoir qui ne maîtrise plus l’essentiel. En appelant à baisser le chauffage, le président Masoud Pezeshkian a affiché son désarroi. Ses propos sur le port de vêtements chauds ont renforcé la colère populaire. Le 29 décembre, le Grand Bazar a fermé et les forces de l’ordre ont dispersé les foules.

Ces manifestations dépassent la seule question économique. L’inflation atteint 42,2 %, tandis que les prix alimentaires ont bondi de 72 % en un an. À cette colère s’ajoute la peur d’un conflit extérieur lié au dossier nucléaire. Dans ce climat tendu, l’Iran entre dans un hiver de désillusion observé avec inquiétude par le monde.

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