Un Airbus A330-300 d’Air Canada s’apprête à atterrir à l’aéroport de Lisbonne, au Portugal, en mai 2022. [Armando Franca/AP]

La police canadienne a arrêté un ancien commandant de bord d’Air Canada, accusé d’avoir piloté des centaines de vols pendant près de 17 ans sans disposer de la certification requise.

Les enquêteurs affirment que Geoffrey Wall, aujourd’hui âgé de 59 ans, aurait utilisé de faux documents pour exercer ses fonctions entre 2009 et 2025.

Plus de 900 vols concernés

Selon la police régionale de Peel, en Ontario, l’ancien pilote aurait commandé plus de 900 vols nationaux et internationaux durant cette période.

L’enquête, menée pendant quatre mois, a conduit à plusieurs accusations, dont fraude et utilisation de documents falsifiés.

Les autorités estiment que Wall aurait trompé Air Canada ainsi que les organismes chargés de l’aviation civile sur ses qualifications avant son départ à la retraite en 2025.

Une licence insuffisante pour être commandant de bord

Les enquêteurs précisent que l’intéressé possédait bien une licence de pilote commercial valide. En revanche, il ne détenait pas la licence de transport aérien, exigée pour commander un avion de ligne.

La police a retenu plusieurs chefs d’accusation, notamment pour fraude, usage de faux documents et possession de marques contrefaites.

Le chef de la police régionale de Peel a qualifié l’affaire de particulièrement préoccupante, estimant qu’elle touchait à la confiance du public dans la sécurité aérienne.

Air Canada assure que la sécurité n’a pas été compromise

La compagnie aérienne affirme que les passagers n’ont pas été exposés à un risque particulier.

Air Canada souligne que tous ses pilotes suivent des évaluations régulières, avec des formations obligatoires tous les six mois et des contrôles annuels en vol.

Selon l’entreprise, Geoffrey Wall a toujours satisfait à ces exigences et démontré les compétences nécessaires pour piloter de gros appareils. La compagnie indique également avoir signalé l’affaire aux autorités dès sa découverte et n’avoir relevé aucun autre cas similaire lors d’un audit interne.

Une affaire jugée exceptionnelle

Pour Hassan Shahidi, président de la Flight Safety Foundation, ce type de dossier reste extrêmement rare.

Selon lui, l’enjeu principal concerne surtout les mécanismes de vérification des licences. Il estime que l’affaire pourrait révéler des failles dans les procédures de contrôle si des documents frauduleux ont effectivement échappé aux vérifications pendant aussi longtemps.

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