Des personnes participent à une manifestation pro-palestinienne organisée par le Parti communiste grec, devant l'ambassade d'Israël à Athènes, en Grèce, le 10 octobre 2025.

Plus de 100 personnalités publiques demandent à la justice britannique de ne pas appliquer de dispositions antiterroristes à quatre militants pro-palestiniens. Selon elles, une telle décision créerait un précédent inquiétant dans une affaire de dégradations.

L’organisation Artists for Palestine UK a publié cet appel mardi, à quelques jours de la décision attendue dans ce dossier.

Une condamnation qui suscite des critiques

En 2024, quatre militants ont pénétré dans une usine d’Elbit Systems près de Bristol. Par la suite, la justice les a reconnus coupables de dégradations.

Toutefois, le juge pourrait retenir un lien avec le terrorisme au moment de fixer leur peine. Les signataires contestent cette possibilité et demandent son abandon. Selon eux, les autorités n’ont jamais poursuivi les militants pour des faits de terrorisme durant le procès.

Les soutiens dénoncent une dérive judiciaire

Les auteurs de la lettre affirment que le jury n’a jamais été informé de cette éventualité. Dès lors, ils estiment qu’une aggravation de la peine sur cette base constituerait une grave erreur judiciaire.

Par ailleurs, ils soulignent que les prévenus n’ont pas pu exposer leurs motivations devant les jurés. Dans ce contexte, ils considèrent que cette affaire dépasse largement le cas des quatre militants et pourrait avoir des conséquences sur le droit de manifester au Royaume-Uni.

Les signataires rappellent également qu’aucune affaire similaire de dégradations n’a, selon eux, donné lieu à l’application de dispositions antiterroristes au stade de la condamnation.

Écrivains, artistes et élus se mobilisent

De nombreuses personnalités ont rejoint cet appel. Parmi elles figurent l’écrivaine Sally Rooney, l’activiste Greta Thunberg, l’acteur Steve Coogan, le député travailliste John McDonnell et l’économiste Yanis Varoufakis.

Dans une déclaration relayée par les organisateurs, Sally Rooney affirme qu’une action de protestation qui ne représente aucune menace pour le public ne peut être assimilée à du terrorisme.

Enfin, la lettre souligne que les militants cherchaient à influencer la politique israélienne en limitant l’accès à des armes, un argument que les soutiens jugent insuffisant pour établir un lien avec le terrorisme.

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