« On découpe comme Samuel Paty, sans empathie » le dernier titre du rappeur Maka fait polémique

Le rappeur Maka a diffusé son le tease de son dernier titre intitulé « Samuel Paty » consacré au professeur décapité à l’arme blanche en pleine rue à Conflans-Sainte-Honorine. Les paroles de son titre ont suscité une polémique sur les réseaux sociaux.

 

Des enfants interpellés pour « apologie du terrorisme »

Une des quatre enfants de 10 ans interpellées par les forces de l’ordre jeudi 5 novembre pour « apologie du terrorisme » a livré son témoignage sur une chaîne turque. La petite fille a été réveillée de son sommeil jeudi matin peu avant 7 heures, ainsi que trois autres enfants de 10 ans puis emmenés par la police d’Albertville au commissariat durant une audition qui a duré 11 heures.

 

Les faits se seraient produits lundi dans une école primaire d’Albertville (Savoie), lors d’un temps d’échange après l’hommage à Samuel Paty, l’enseignant d’histoire-géographie décapité à Conflans-Sainte-Honorine.

« Moi, j’ai juste dit que j’étais triste de sa mort et s’il n’avait pas montré les caricatures il ne serait pas mort. » d’après la fillette, le professeur n’aurait fait aucune remarque après cela, il aurait simplement dit « J’ai compris ».

« J’ai eu beaucoup peur », poursuit-elle « c’est la première fois que le voyais ça, le professeur ne m’avait rien dit. »

« Le policier m’a demandé si j’allais à la mosquée. J’ai juste dit que j’allais à la mosquée samedi et dimanche puis j’ai signé une déclaration. »

Témoignage d’un père

Interrogé jeudi soir par l’Agence Anadolu (AA), le père d’un des enfants retenus par la police a dénoncé la force démesurée employée jeudi matin par la police pour venir chercher la fillette, qui est en classe de CM2.

« Avant 7 heures, les policiers ont frappé de façon à quasiment casser la porte », se souvient le père franco-turc, encore sous l’état de choc.

« 10 policiers masqués et portant des armes longues sont entrées dans la maison », explique le parent se souvenant encore de l’agressivité et des cris des policiers.

« Ma fille de 10 ans a été accusée d’apologie de terrorisme, ils l’ont réveillée de son doux sommeil », note encore le parent se souvenant que les policiers leur ont ordonné de « tous s’asseoir ».

« Ils ont ensuite déclaré [Nous allons emmener [prénom de la fille]. Venez la chercher à 9 heures !], se souvient encore le parent.

« Ils ont pris des photos des décorations murales, essayé de trouver des indices en fouillant toute la maison. Quand nous sommes allés au commissariat après deux heures d’attente, ils nous ont posé beaucoup de questions sur nos croyances religieuses, si on fait la prière, etc. »

« Ils nous ont interrogé, chacun, ma femme et moi, deux heures durant. À part les questions sur notre religion, ils nous ont demandé ce qu’on pensait de la relation tendue entre Macron et Erdogan », explique encore le parent jugeant que les questions étaient impertinentes et parfois provocatrices.

« De la même façon, le matin, ils ont voulu clairement nous terroriser avec le bruit et la violence démesurée. Je ne comprends pas : 10 policiers hyper-armés, cherchant à, semblerait-il, défoncer notre porte, pour venir chercher ma fille âgée de 10 ans alors qu’elle dormait encore ».

Selon le parent inquiet pour sa fille retenue depuis une durée de 11 heures, cette opération « démesurément agressive et notablement effrayante » de la police serait due à des questions ou remarques faites la veille par ces 4 élèves de CM2, suite à une discussion en classe autour des caricatures peu élogieuses sur le prophète Muhammad et le meurtre de Samuel Paty, le professeur qui a été assassiné pour avoir montré ces caricatures en classe.

« Ma fille aurait fait une remarque sur le meurtre du professeur », explique le parent rappelant que son enfant n’a que 10 ans et qu’ « elle ne sait rien de tout ça ».

« Ce ne sont pas des sujets dont nous parlons à la maison », explique encore le parent, ajoutant que « tout le monde connaît notre famille. L’école nous connaît très bien ; nous avons eu plusieurs enfants qui sont allés à la même école. S’il y avait un souci de radicalisation chez nous, tout le monde le saurait », explique le parent qui apprenait à l’instant même la future libération de sa fillette de 10 ans par la police, après 11 heures de retenue, c’est-à-dire de garde à vue pour enfant…

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