Une nouvelle étude indique que la police en Inde fait preuve de « préjugés significatifs à l’égard des musulmans », la moitié des membres de la police interrogés déclarant avoir l’impression que les musulmans sont « naturellement enclins à commettre des crimes ».

Le rapport, qui a interrogé 12.000 membres de la police de 21 États indiens, a également révélé qu’un membre de la police sur trois estimait que la violence par la foule dans les cas d’abattage de vaches était « naturelle ».

Les conclusions, publiées mardi, viennent des inquiétudes des Nations Unies et des groupes de défense des droits de l’homme face à une augmentation du harcèlement et de la violence contre la minorité musulmane indienne après la prise du pouvoir par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata, dirigé par le Premier ministre Narendra Modi, en 2014.

Depuis lors, des dizaines de personnes, pour la plupart musulmanes, ont été tuées par des milices d’autodéfense accusées de manger du bœuf ou d’abattre des vaches – un animal considéré comme sacré dans l’hindouisme. Modi a répété à plusieurs reprises que les autorités devraient punir les miliciens qui commettent des actes de violence au nom de la protection des vaches, mais le gouvernement ne fait pas suffisamment pour poursuivre les auteurs présumés d’assassinats.

L’étude de mardi dernier, intitulée Rapport sur le statut des forces de police en Inde: «adéquation de la police et conditions de travail,» a révélé que :

Trente-cinq pour cent des membres du personnel estiment (dans une large mesure et dans une certaine mesure) qu’il est naturel pour une foule de punir le coupable en cas d’abattage de vaches

« Certaines des conclusions ont été très surprenantes », a déclaré Manjesh Rana, l’un des chercheurs de l’enquête, car « nous pensons que cela pourrait être la perception de la population mais pas celle de la police ».

L’étude a également révélé que 60% des personnes interrogées pensaient que les migrants d’autres États étaient plus susceptibles de commettre des crimes. Par ailleurs, plus de la moitié ont estimé que les plaintes pour violence sexiste étaient fausses.

Les chercheurs ont décrit l’enquête comme la première du genre en Inde, couvrant les perceptions de la police sur diverses questions, notamment les conditions de travail, les ressources et les obstacles à une enquête sur des crimes.

Près d’un tiers des personnes interrogées ont déclaré que la pression des politiciens constituait le principal obstacle aux enquêtes sur les crimes, tandis qu’une majorité écrasante de 72% ont déclaré avoir été confrontées à une « pression politique » dans des enquêtes impliquant des personnes influentes.

L’étude a également révélé que plus du tiers des membres de la police interrogés étaient favorables à l’octroi d’une « petite punition » pour les infractions mineures à un procès judiciaire, alors qu’un sur cinq estimait que « tuer des criminels dangereux est préférable à un procès judiciaire ».

«Quatre membres du personnel sur cinq estiment qu’il n’y a rien de mal à ce que la police frappe des criminels pour obtenir des aveux»

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