Qui était Moussa Ouakid, le grand-père de Gérald Darmanin

Le lundi 6 juillet dernier, Gérald Darmanin a été nommé Ministre de l’intérieur par le premier ministre français. Et aussitôt après, il s’est présenté comme « petit-fils d’immigré ». Il a d’ailleurs comme deuxième prénom « Moussa », en hommage à ce grand-père venu du Maghreb, Moussa Ouakid.

En effet, il faut savoir que le grand-père maternel de Gérald Darmanin s’appelait Moussa Ouakid, un adjoint de l’Armée française provenant des tirailleurs maghrébins. Ces derniers ont grandement aidé à la libération de certaines zones françaises lors de la deuxième guerre mondiale.

Plus précisément, les actes de Moussa Ouakid se sont fait connaître à la fin de l’année 1944 alors que la Libération de la France se précisait. Le 2 septembre 1944, l’armée américaine libère enfin la ville de Saint-Amand-les-Eaux occupée par les Allemands. Mais, comme le précise un journal de l’époque, cette libération n’aurait pas pu se faire sans la participation des F.F.I (Forces Françaises Intérieurs) mais aussi des tirailleurs venus du Maghreb.

Un journal local de l’époque, raconte alors :

«Sous la direction du chef de section Ouakid Moussa, brillant adjudant de l’Armée française, quinze Nord-Africains commencèrent le combat dès la première heure.»

C’est à l’âge de 15 ans que Moussa Ouakid quitte seul l’Algérie et arrive en France par bateau. Il rejoint alors les rangs du Général de Gaulle dès le début de la seconde guerre mondiale. Il est alors fait prisonnier de guerre mais réussit à s’évader pour rejoindre la Résistance qui commence à s’organiser.

Après avoir participé à la libération de Saint-Amand-les-Eaux, Moussa Ouakid y fait la rencontre de celle qui deviendra son épouse, Andréa Plumecocq.

Leur fille, Saada, qui a pris le nom de la mère de Moussa explique :

«Maman avait 15 ans au moment du mariage. Elle était enceinte d’un autre homme, mais il a élevé ma sœur comme si c’était sa propre fille.»

Peu de temps après, le jeune couple ouvre un café dans la ville. C’est alors que la guerre d’Algérie éclate. Mais Moussa Ouaki décide de rester en France et ne s’engage pas militairement.

Saada explique ensuite :

«On s’est ensuite installés à Hasnon, où mes parents ont ouvert le Relais de la forêt. Ma mère s’occupait des cuisines, lui faisait le café, les pommes de terre, le ménage, la vaisselle, il lavait… Bref il s’occupait de tout. De nous surtout, ce n’était pas une mince affaire.»

Le couple élève ses cinq enfants, dont trois filles.

 «Il était d’une gentillesse formidable, on n’a jamais eu à se plaindre de lui, jamais manqué de rien.»

Même s’il n’a pas poursuivi sa carrière militaire, Moussa Ouaki a gardé la réputation d’un héros ayant participé à la libération de la France. D’ailleurs, le Général de Gaulle, de passage dans le Nord, s’arrêtera au Relais de la Forêt pour saluer l’ancien adjudant-chef.

Sa fille se souvient :

«C’était la fête ce jour-là, tout le village avait rappliqué pour le voir. Avec sa traction noire aux drapeaux tricolores conduite par Pierre Decourrière, son chauffeur, qui venait de Millonfosse.»

Moussa Ouaki est décédé jeune des suites d’un cancer du poumon. Considéré comme un héros de guerre par son petit-fils Gérald Darmanin, son portrait figure désormais sur le bureau du ministre.

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