Taha Bouhafs condamné à 1500 euros d’amende pour avoir qualifié Linda Kebab d’ « arabe de service »

Le journaliste et militant comparaissait ce 9 juin pour injure publique en raison de son origine à l’égard de la syndicaliste policière Linda Kebbab. Une longue audience qui a donné lieu à de vifs débats sur les différentes conceptions du racisme et de l’antiracisme, en particulier dans la police.

Le procureur a demandé au tribunal de condamner Taha Bouhafs à 1 500 € d’amende, estimant que « rien qu’en le disant (« arabe de service »), on comprend que c’est une injure ».

Dans la salle, avaient pris place plusieurs soutiens de Taha Bouhafs mais aussi une vingtaine de policiers en civil venus accompagner Mme Kebbab.

« Il y a un an, je me suis sentie souillée, rabaissée, stigmatisée, assignée », a déclaré à la barre Linda Kebbab, dans une prise de parole ponctuée de sanglots. 

En juin 2020, au lendemain d’une manifestation contre les violences policières organisée par des proches d’Adama Traoré, jeune homme noir mort en 2016 après son interpellation par des gendarmes, Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat de police Unité SGP-FO, est invitée sur franceinfo.

Elle y affirme que, tout en comprenant « la colère et la souffrance » de la famille d’Adama Traoré, sa mort n’avait « absolument rien à voir » avec celle de George Floyd aux États-Unis, mort étouffé après son interpellation, précise Ouest France.

Tweet supprimé

Sur son compte Twitter à l’époque suivi par 80 000 personnes, Taha Bouhafs commente les déclarations de la syndicaliste en détournant l’acronyme ADS (adjoint de sécurité) et la qualifiant d’« ADS : Arabe de service ». Un tweet supprimé quelques minutes plus tard car « provoquant », a-t-il expliqué mercredi.

Pour Taha Bouhafs, « + arabe de service + est une formule qui consiste à désigner une posture politique ».

«Ce n’est pas à sa qualité d’arabe que Linda Kebbab est renvoyée mais à sa qualité de policière qui appartient à une institution raciste et nie le caractère raciste de cette institution », a explicité Arié Alimi, avocat de M. Bouhafs.

À l’appui de son argumentation, la défense a fait appeler à la barre quatre policiers.

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